Juillet 1972. Ministère des Affaires culturelles. Groupe de travail sur les archives audio-visuelles.

July 1972. The Ministry of Cultural Affairs. Audiovisual Archives Working Group.

p. 133-148

Plan

Texte

Nous remercions vivement Marie-Ève Bouillon, Michel Melot et Yann Potin pour leur communication « Le patrimoine photographique saisi/dessaisi par les Archives ? » lors du colloque « Patrimoines photographiques : histoires, ethnologies, émotions » (Paris, Auditorium du musée des Arts décoratifs, 7-8 nov. 2019) qui a permis de faire réémerger ce rapport et les documents qui lui sont associés.

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Présentation de la source

Entre janvier et juillet 1972, six séances de travail organisées par la direction des Archives de France pour le compte du ministère des Affaires culturelles ont lieu avec une double ambition : circonscrire la notion d’archives audio-visuelles et définir une politique, si ce n’est commune, du moins d’ensemble à l’égard de celles-ci. Ces réunions se déroulent dans le cadre du sixième Plan dit « de développement économique et social » (1971-1975)1 et dans la perspective de la mise sur pied de la « loi Archives » qui verra le jour en 1979 pour répondre à un « vide législatif2 » et dont il faut mesurer l’importance. « C’est sur la base de ces mots (et de ceux qu’entre-temps, on a ajoutés) que chaque jour, des milliers de décisions juridiques sont édictées dans les administrations : décisions de détruire des documents et des données, d’en conserver d’autres, de les communiquer, de les communiquer aux uns mais pas aux autres, de refuser toute communication, d’en revendiquer la propriété, etc.3 » Bien en amont de cette « loi no 19-18 du 3 janvier 1979 sur les archives » – connue par la suite sous le nom de Code du patrimoine –, en 1972, les Archives de France sont saisies de la question des documents audio-visuels.

Ce simple fait révèle une prise de conscience de l’importance de ce que l’on appelait encore dans l’entre-deux-guerres l’enregistrement mécanique (photographie, cinématographie et phonographie). Non seulement le vocabulaire a changé, mais c’est aussi la masse de documents voués à revenir aux Archives qui s’est amplifiée, dans un temps où la production audio-visuelle – ici entendue comme photographie, télévision, film, radio ou enregistrement sonore – s’est accrue, y compris dans les administrations et les ministères4, un temps aussi où les historiens s’intéressent de plus en plus aux photographies et films comme « sources », et où les institutions – surtout les bibliothèques, mais aussi les archives – qui conservent des images sont de plus en plus sollicitées par des professions en plein développement, tels les documentalistes et les iconographes qui travaillent pour l’édition5. Dans ce contexte, on estime pertinent de prendre en compte ces supports dans leur spécificité – d’où l’émergence de la terminologie d’« archives audio-visuelles » – et de fixer le cadre de leur sélection, conservation et mise à disposition, c’est-à-dire aussi d’envisager des budgets, des moyens, voire des créations institutionnelles pour y répondre.

Pour mener à bien ces réflexions, un groupe de travail constitué d’experts est formé sous la présidence du conseiller d’État Guy Braibant, dont le père fut directeur des Archives de France, et qui beaucoup plus tard, en 1996, laissa son nom à une Mission de réflexion sur celles-ci. Autour de lui, la commission regroupe des inspecteurs généraux, des représentants des ministères de l’Intérieur et des Affaires culturelles, des représentants de la Documentation française – son directeur, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, n’est pas présent, mais il y envoie Jacqueline Eichart, chargée des services photographiques de la Documentation française6, puis Geneviève Dieuzeide. La Bibliothèque nationale en est absente dans un premier temps7, puis y fait son entrée lors de la quatrième séance, le 1er juin, en la personne de Jean Adhémar, alors conservateur en chef du Cabinet des estampes (1961-1977). Le groupe de travail compte aussi des experts, archivistes (Office de radiodiffusion-télévision française [ORTF], archives de la Seine-Maritime) et historiens – Marc Ferro sur le cinéma et l’histoire notamment. Tous sont censés construire un consensus autour de cette catégorie englobante d’archives audio-visuelles. Sous ce vocable, certains voudraient relier d’une manière inédite la notion d’archives à des types de supports spécifiques et insistent sur l’importance du tiret entre « audio » et « visuel » qui permettrait de signifier l’image ou le son, ou les deux ensemble. Dès lors, sur la question de la définition de ces nouveaux sujets d’archive se confrontent trois cultures, comme autant de prétendants à leur gestion : celle de la documentation, liée aux photothèques, celle de la collection et des collectionneurs, liée à la question de la bibliothèque, et celle des archives, centralisée par la direction des Archives de France.

De ces séances de travail résultent un rapport dactylographié daté de juillet 1972, comprenant un rapport général (volume I), un volume d’annexes (volume II) qui rassemble neuf documents produits pour alimenter les travaux du groupe, et les procès-verbaux (volume III) des six séances de travail qui eurent lieu de février à juillet 1972, le tout étant conservé aujourd’hui aux Archives nationales. L’intérêt de cette source est en soit multiple, car elle considère de nombreux supports inclus dans cette catégorie pour le moins ambitieuse d’archives audio-visuelles. Concernant la photographie, comprise – pour ne pas dire noyée – dans celle-ci, ce rapport nous permet aujourd’hui de redécouvrir, à l’orée de l’émergence de la notion de patrimoine photographique à la fin des années 1970 et avant l’autonomisation de la question avec les travaux de Michel Melot au début des années 19808, l’épineux problème de la qualification et de la responsabilisation globale face aux productions de ce médium. Pourtant sous-estimée par la commission par rapport au poids des documents – quels documents ? – cinématographiques ou de la production télévisuelle – rappelons la crise politique traversée par l’ORTF et son éclatement en 1974 –, la question photographique, depuis la production de clichés par les archivistes jusqu’à la classification des œuvres de Nadar, en passant par le destin des archives photographiques de la presse, est ici symptomatique des difficultés de discrimination que posent ces objets hybrides, entre documents, archives et/ou œuvres. À travers les débats retranscrits dans les procès-verbaux des travaux de la commission, se dessinent les enjeux de pouvoirs, de prérogatives, pour ne pas dire de territoires des différentes institutions qui se trouvent ici conviées à participer à l’élaboration de ce que recouvre la notion d’archives audio-visuelles. À cet égard, et au-delà même du dépôt légal, la Bibliothèque nationale, par la voix de Jean Adhémar, fait valoir ses « droits » et son antériorité dans son rôle de conservation des documents photographiques. Redoutant une définition trop englobante des archives audio-visuelles qui invisibiliserait le médium, le conservateur, chartiste de formation qui avait contribué depuis 1938 aux côtés de Jean Laran et Jean Prinet à changer le regard et à promouvoir la photographie au Cabinet des estampes9, défend l’idée selon laquelle celle-ci, qu’elle soit considérée comme archive ou document, est insoluble dans l’audio-visuel.

En un sens, ce rapport est un « moment » : on trouve peu cette notion d’archives audio-visuelles avant 1972, et ensuite, lorsqu’elle est employée – souvent sans tiret –, elle désigne plus spécifiquement les films, la télévision ou les cassettes vidéo, que l’on distingue des archives sonores ou photographiques10. Comme une parenthèse, ce document condense ainsi les éléments de la réflexion institutionnelle menée sur la qualification et le destin de ces objets, et sans doute en passe-t-il aussi sous silence. Cela est d’autant plus vrai que ces travaux n’auront pas de lendemains, sans incidence sur la formulation de la loi Archives, ni sur la création du futur Institut national de l’audiovisuel (INA) suite à la réforme de 1974, partageant l’infortune de nombreux autres rapports enterrés. Puis voués, grâce aux archivistes et historiens, à refaire surface11.

Les extraits du Rapport général produit par le Groupe de travail sur les archives audio-visuelles en juillet 1972 et des Procès-verbaux des séances de travail retranscrits ci-dessous ont été sélectionnés afin de répondre à la thématique de ce numéro de Photographica sur les patrimoines photographiques. L’intégralité des trois volumes des travaux qui aborde bien des problématiques liées aux supports, à la qualification, à la conservation et à la mise à disposition des nombreux autres documents audiovisuels, au-delà de la photographie, est disponible ci-dessous. Les éléments entre crochets ont été ajoutés par la rédaction et précisent les numéros de feuillets du tapuscrit.

Source : Groupe de travail sur les archives audiovisuelles. Ministère des Affaires culturelles. Groupe de travail sur les archives audio-visuelles

Composition du groupe

Note de la rédaction : Cette liste précisant la composition du groupe se trouve en introduction du Rapport général (volume I).

Président
M. Guy BRAIBANT, Maître des Requêtes au Conseil d’État

Vice-Président
M. François DOUSSET, Inspecteur général des Archives de France, adjoint au Directeur général.

Secrétaire
M. Ferréol de FERRY, Conservateur en Chef aux Archives nationales chargé du Service photographique.

Membres
M. Jean ADHÉMAR, Conservateur en Chef du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale.
M. François BURCKARD, Conservateur en Chef, Directeur des Services d’Archives départementales de Seine-Maritime.
Mme EICHART, Chef du Service de Documentation photographique à la Documentation Française.
Mlle GITEAU, Conservateur à la Bibliothèque nationale.
Mme GRATIOT, Chef du Service de la Conservation des Archives de la Télévision à l’ORTF.
M. GRUNDLER, Administrateur civil, Sous-Directeur des Affaires financières du Centre national de la Cinématographie française.
M. Lucien ROUYER, Régisseur général des Services de Conservation et de Documentation à la Direction de la Radiodiffusion
M. ROY, Administrateur civil à la Direction de la Musique, de l’Art lyrique et de la Danse, ancien Agent général du Dépôt légal.

Invités à titre consultatif : Mlle Simone RUMEAU, Sous-Directeur à la Direction des Archives de France, et M. Marc FERRO, Directeur d’Études à l’École pratique des Hautes Études.

Procès-verbaux [extraits]

MINISTÈRE DES AFFAIRES CULTURELLES
Direction des Archives de France
60, rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e
GROUPE DE TRAVAIL n° 2
pour l’étude du problème des Archives audio-visuelles
PROCÈS-VERBAL Séance du 16 février 1972

La première séance du « Groupe de travail n° 2 » constitué à l’initiative de Monsieur le Ministre des Affaires culturelles pour l’étude du problème des Archives audio-visuelles s’est tenue le mercredi 16 février 1972 à 10 heures Salle des Commissions des Archives nationales, 60, rue des Francs-Bourgeois, Paris, 3e, sous la présidence de M. Guy BRAIBANT, Maître des Requêtes au Conseil d’État.
[…/2]

En accueillant le Groupe aux Archives nationales, M. Guy DUBOSCQ, Directeur général, rappelle que, sur la base des études préparatoires du VIe Plan, réalisées, en ce qui concerne les Archives, sous la présidence de M. Guy Braibant, le Ministre des Affaires culturelles a décidé d’accorder une attention particulière à plusieurs aspects nouveaux des Archives : les Archives économiques, l’Aide technique des Archives aux pays en voie de développement, et les Archives audio-visuelles. Ces divers points seront examinés par 3 groupes de travail qui présenteront leurs rapports au Ministre pour le 15 juillet prochain.
[…/3]

M. BRAIBANT, président, fait un rapide historique des diverses réalisations envisagées dans le domaine des archives audio-visuelles depuis une dizaine d’années en liaison avec les Archives de France : en 1960, projet d’archives cinématographiques de la Présidence de la République ; en 1962, projet de M. André Malraux de création d’un « Dépôt central d’archives audio-visuelles » (pour lequel l’acquisition de l’Hôtel de Guénégaud fut un moment étudiée) et qui ne put être entrepris en raison des trop grandes dépenses qu’il eût entraînées.

Devant le développement croissant de la documentation historique audiovisuelle, notamment de celle rassemblée par l’ORTF, les Archives de France, en accord avec le Ministre, ont estimé qu’elles ne pouvaient pas se désintéresser de la question qui concerne également d’autres administrations.

M. Braibant considère que le problème devra être examiné sous tous ses aspects : juridique, pratique et financier.

Il conviendra d’abord :

  • de définir quels types de documents audio-visuels peuvent être considérés comme archives dans le sens que donnent à ce mot les Archives de France
  • de procéder à un relevé sommaire de ce que les divers dépôts des Archives de France possèdent déjà comme archives audio-visuelles
  • de préciser, après enquête auprès des Services publics, quels documents audio-visuels devraient normalement être versés
  • de délimiter le genre de documents de cet ordre qui auraient à être conservés plutôt par la Bibliothèque nationale, celle-ci, aux termes de la loi de 1943, ayant vocation pour recevoir le dépôt légal des photographies, des documents sonores et cinématographiques.
  • Dans la perspective d’une nouvelle loi d’archives, il importera d’inclure nommément les documents audiovisuels parmi les dispositions réglementaires.
    […/4]

M. DOUSSET suggère que, en raison de l’intérêt majeur que la Bibliothèque nationale a dans cette affaire, un représentant de cette institution soit invité à participer aux séances du Groupe.

M. BRAIBANT y est favorable, en précisant que la Bibliothèque nationale déjà pressentie par le Ministère, n’avait pas jusqu’ici fait parvenir de réponse.

M. ROY rappelle que le Dépôt légal est régi conjointement par la Bibliothèque nationale et par le Ministère de l’Intérieur à qui incomberait la révision éventuelle des textes : il y aurait donc lieu d’inviter également un représentant de ce Ministère, de préférence l’Agent général du Dépôt légal. Plusieurs membres du groupe ayant évoqué le rôle joué par la Documentation française grâce à sa récente création d’un organisme de liaison dit « Interphotothèques », il est convenu que les 3 institutions ci-dessus seront conviées à faire partie du Groupe de Travail.

M. DOUSSET propose, pour la Bibliothèque nationale, de prendre contact directement avec M. Jean ADHÉMAR, conservateur en Chef du Département des Estampes.
[…/8]

Soucieux de serrer au plus près la notion d’« Archives audio-visuelles », M. BRAIBANT pense que deux critères importants pourraient entrer en ligne de compte :

  • l’origine des documents
  • leur finalité.

Le problème du tri se posera rapidement. Qui y présidera ? Quels seront les principes de sélection et de destruction ? La gestion de la conservation des « chutes » de bandes non utilisées devrait aussi être envisagée.
[…]

PROCÈS-VERBAL. Séance du 24 mars 1972

[…/6]
M. BRAIBANT, comme lors de la précédente réunion, souhaiterait que l’on puisse préciser si, véritablement, tous les films forment une seule et même catégorie de documents justiciables d’un mode uniforme de conservation, ou si certains témoignages cinématographiques méritent plus particulièrement d’être considérés comme des documents d’archives, la question du support n’étant, en somme, qu’un élément secondaire. Cette recherche qui est l’un des buts essentiels de la présente commission et qui permettra d’inclure les « archives audio-visuelles » dans la future Loi d’Archives, oblige, en fait, à repenser la notion même d’« archives ». M. Braibant verrait deux critères principaux pour cette détermination :

  • le contenu des documents
  • leur origine

M. BURCKARD pense que l’origine (administrative ou non) n’est pas un critère suffisant. Les Archives de France considèrent comme relevant de leur compétence non seulement les papiers d’État, mais aussi les Archives privées. Sont « archives » selon lui, tous les documents contemporains des événements et ayant un rapport direct avec ceux-ci. À ce titre, les « actualités » qui sont l’enregistrement immédiat des événements et souvent la seule trace qu’il en subsiste, répondent exactement à la définition de « documents d’archives ». En revanche, les livres, qui sont des œuvres élaborées après coup sur des sujets choisis, ne sont pas des documents d’archives, même si la pratique de l’« histoire immédiate » les fait parfois suivre de peu les événements.

M. GRUNDLER, Mme GRATIOT, M. ROUYER et M. ROY soulignent combien des documents photographiques sonores ou cinématographiques peuvent, cependant, perdre de leur objectivité par le seul fait de commentaires, de coupures ou de juxtapositions. Des films récents comme « Les Années Lumière », « Le Chagrin et la Pitié », ou « La Guerre d’Algérie », quoique constitués uniquement de documents [/7] originaux, représentent, néanmoins, chacun, une prise de position. En fait, toute prise de vue ou de son implique déjà un choix : « il n’y a pas d’objectivité de l’objectif ».

MM. BURCKARD et de FERRY font observer qu’il en va de même avec les archives écrites, que l’historien se devra de soumettre aux règles de la critique. Là aussi, des documents ultérieurs peuvent éclairer ou modifier la signification d’une pièce d’archives en la plaçant dans un contexte différent. Il paraît cependant difficile d’admettre que des témoignages comme l’enregistrement sonore des dépositions au Procès de Nuremberg ne sont pas des documents d’archives au sens absolu du terme. On peut en dire autant des enquêtes historiques ou ethnosociologiques réalisées par magnétophone.

La notion de « document brut » n’est pas, elle-même, un élément essentiel. L’enregistrement d’événements ou de déclarations peut très bien ne plus exister qu’à l’état de montage. Qu’un document soit objectif ou non, il suffit que ce soit un « document » pour que l’historien ait à en tenir compte. Au demeurant, comme le remarque M. DOUSSET, la critique est hors de notre domaine. Ce qui importe ici, c’est la détermination des responsabilités.
[…]

PROCÈS-VERBAL. Séance du 5 mai 1972

[…/2]
Invité à commenter sa note sur les principales collections d’archives audiovisuelles dans les Administrations centrales, diffusée lors de la dernière réunion, M. de FERRY précise que, dans cette enquête, réalisée en liaison avec la Section Contemporaine des Archives nationales, il ne pouvait être question de relever les documents isolés (photographies, bandes ou films) joints comme documentation annexe ou pièces à conviction à des dossiers conservés dans les bureaux ou même aux Archives nationales. Une recherche de cet ordre, dont il apporte quelques résultats (plaques photographiques de la mission Marchand, photos et disques figurant dans un dossier de Haute-Cour, bandes magnétiques d’un entretien confidentiel, film-témoin tourné par un Ministère, etc…), serait certainement intéressante à poursuivre systématiquement pour mieux cerner un aspect de la notion d’« archives » audiovisuelles.

Il a paru superflu, d’autre part, de dresser un tableau des photothèques : le Service « Interphotothèques » de la Documentation française va très prochainement, en effet, sur la base de questionnaires largement diffusés, procéder de façon pratiquement exhaustive, à une 2e édition du volumineux Catalogue des collections photographiques françaises publié en 1966.
[…/7]

M. ROUYER signale que l’ORTF dispose à la fois de fichiers locaux et d’un fichier central. Ces fichiers renvoient non seulement aux sources audiovisuelles, mais également à la documentation imprimée.

M. BRAIBANT et M. BURCKARD sont d’avis que, étant donné l’existence des catalogues des bibliothèques, il ne peut être question de fusionner à un échelon plus général ces divers types d’informations. Pour M. BURCKARD, en matière d’archives audiovisuelles, il y aurait lieu d’observer la même distinction que pour les documents classiques répartis entre Archives, Bibliothèques et Musées. Le respect de ces 3 domaines écarterait toute crainte de dépossession pour les dépôts dont l’autonomie se justifie, cette autonomie étant souvent une garantie d’efficacité sur le plan du classement et de l’exploitation.

M. GRUNDLER pense que l’important paraît pour le moment, la centralisation des renseignements.
[…/9]

Avant d’inviter M. BURCKARD à commenter le rapport sur les archives audiovisuelles en province, et dans la perspective des transformations que l’ORTF peut avoir à subir, M. BRAIBANT insiste sur l’intérêt que présente à ses yeux la constitution d’un organisme chargé à la fois de donner des directives communes de classement et de centraliser les fiches descriptives, tout en permettant une décentralisation de la gestion des collections.

Le rapport de M. BURCKARD communiqué lors de la réunion du 24 mars, a été établi d’après les réponses qu’il a reçues des Services d’Archives de 65 départements (soit les 4/5 des Archives de province) et de 6 Archives municipales ainsi que du Dépôt des Archives d’Outre-Mer, à la suite d’un questionnaire préparé par lui-même et diffusé par le Service technique des Archives nationales.

La définition des archives audiovisuelles à partir de laquelle M. BURCKARD a entrepris son enquête se fonde sur 3 critères :

a) la nature des documents (il s’agit de photos, de films, de bandes sonores, etc…)

b) le contenu des documents : ces documents proviennent « directement de l’activité des institutions et des hommes » ; ils peuvent aussi être la documentation constituée par une administration publique ou se présenter sous forme de documents narratifs ;

c) il peut s’agir enfin d’archives photographiques, sonores ou cinématographiques spécialement « fabriquées » par les Archives elles-mêmes pour fixer l’événement.

Sur ce plan de la terminologie, certains correspondants distinguent « annales » (chroniques) et « archives » ce mot incluant toute la documentation audiovisuelle, de quelque ordre qu’elle soit concernant la région. Certains excluraient de la compétence des Archives les collections réalisées artificiellement (relevant des Bibliothèques) mais y incluraient les collections réalisées à titre professionnel par une personne physique (photographe) ou morale (journal).

D’autres se basent uniquement sur le support, les archives audiovisuelles comprenant également le microfilm. D’autres étendent la notion jusqu’aux récits suffisamment imagés (comptes rendus d’accidents). On souligne enfin l’aspect incontestable d’archives que revêtent les enregistrements de témoignages oraux dans les pays du Tiers-Monde dépourvus d’archives écrites. [/10]

L’enquête permet d’établir les données suivantes quant à la localisation des fonds d’archives audiovisuelles.

A. Dans les Archives départementales et municipales :

1) Documents figurés (photos, etc…) : pratiquement tous les dépôts en possèdent soit par versements, soit par acquisitions (Monuments, cartes postales, événements locaux). Leur conservation ne pose pas de problème.

2) Enregistrements sonores : on conserve quelques bandes sur des événements locaux. Exceptionnellement, enregistrement de séances d’assemblées (Conseil général). Quelques témoignages (souvenirs d’anciens, parlers locaux). Parfois disques et productions de l’ORTF cédés occasionnellement.

3) Films : rares. Films d’amateurs remis en don. Pièces à conviction, documentaires et épaves diverses.

4) Montages audiovisuels provenant de spectacles « Son et lumière »

5) Archives sonores et cinématographiques constituées par les services d’archives eux-mêmes : photographies de monuments, quelques reportages photographiques ou cinématographiques réalisés systématiquement en accord avec la Préfecture, enquêtes ethnologiques ou linguistiques.

B. Services divers

Nombreuses collections de photographies (Bâtiments de France, Cadastre, Hôpitaux, etc…). Quelques enregistrements sonores de séances d’Assemblées. Témoignages recueillis systématiquement (Comité d’Histoire de la 2e Guerre mondiale, Musée des Arts et Traditions populaires, etc…). Archives sonores et cinématographiques des Directions régionales de l’ORTF qui, parfois, ne sont pas conservées. Films de propagande agricole ou pédagogiques. Montages audiovisuels de groupements culturels subventionnés. Reportages photographiques et cinématographiques réalisés par les municipalités.

C. Archives privées

Les plus dignes d’attention : sont les archives photographiques des journaux. Certains archivistes ont pu en obtenir la cession. Le classement devrait être réalisé en liaison avec les Archives. À mentionner aussi les collections des Chambres de Commerce, des organismes de tourisme, les montages audiovisuels d’entreprises. On signale aussi l’intérêt d’archives écrites de sociétés cinématographiques. [/11]

D. Archives audiovisuelles « à fabriquer »

À part quelques opposants résolus considérant que ce travail ne relève pas de la compétence des Archives ou qui préféreraient le voir exécuter par des spécialistes (associations de photographes, etc…), une grande majorité d’archivistes est très favorable à cet élargissement de leurs attributions et certains sont déjà remarquablement équipés pour y faire face. Ils souhaiteraient que les Archives puissent « fixer » systématiquement en archives audiovisuelles la physionomie de la vie locale à une date donnée (vie journalière, périodes électorales, grands travaux, traditions, personnalités, etc...).

E. Problèmes juridiques, techniques, pratiques et financiers.

Les administrations ont vis-à-vis de leurs documents audiovisuels une mentalité de « collectionneurs ». Elles les considèrent souvent comme des pièces indispensables à la marche du service et envisagent de les verser aux Archives avec plus de répugnance que s’il s’agissait d’archives écrites. Certaines réponses posent du point de vue des Archives « le problème des documents émanant de services publics et vendus à d’autres services ayant la charge de les conserver ».

Il est certain que de nombreux témoignages audiovisuels sont irrémédiablement perdus : le décret de 1936 est-il suffisant pour en imposer le dépôt ?

Certaines réponses proposent l’institution au sein des Archives d’un personnel de reporters assermentés ou la reconnaissance des Archives locales comme « agences » officielles de documentation audiovisuelle tant pour la collecte que pour la communication, les droits étant versés à une « caisse nationale de la documentation ». De sévères garanties en ce qui concerne les reproductions pourront encourager les versements de collections particulières.

Ces nouvelles perspectives nécessiteront des locaux adéquats, à prévoir dans les projets de constructions nouvelles, du matériel et du personnel spécialisé, les opérateurs photographes des Archives semblant tout désignés pour voir leurs compétences élargies dans ce sens. « On peut aussi envisager des services distincts ». Le classement à effectuer soit d’après le genre de support soit d’après l’origine des documents pourra amener « une délimitation d’ordre technique plutôt que d’ordre géographique des attributions des dépôts ».

Sur le plan pratique, il conviendra de faire d’abord reconnaître les documents audiovisuels comme source historique égale à l’écrit. On pourra se [/12] contenter au début, de dépôts régionaux, plus rentables que des dépôts départementaux pour coordonner la politique à suivre, ainsi que pour susciter et recevoir les versements. On pourrait parallèlement envisager la création d’équipes départementales soumises à des comités interadministratifs afin d’étudier les problèmes de conservation mais aussi de réalisation d’archives audiovisuelles.

Certains correspondants préconisent pour l’immédiat, l’établissement d’un fichier central de la documentation existante et une normalisation des procédés d’enregistrement et de conservation. « Cet inventaire et le partage du champ de la documentation audiovisuelle entre les principaux services (Archives, Bibliothèques, Musées, Centres de documentation pédagogiques, Instituts de linguistique) permettraient de mieux faire apparaître dans quelles directions les archivistes auraient à intervenir pour compléter ces archives ».
[…]

M. BRAIBANT note que d’après les nombreuses réponses reçues par M. BURCKARD, il apparaît clairement que les archivistes français sont, en grande majorité, très favorables à une extension de leurs compétences au domaine des archives audiovisuelles. Il paraît plus difficile d’inclure dans leurs obligations réglementaires la « fabrication » de ce genre d’archives. Cette possibilité devrait être laissée à leur initiative.

M. BURCKARD considère cependant qu’ils devront y être encouragés.

M. ROY est de cet avis, à condition que, dans leur secteur, aucun autre organisme ne soit chargé de ce même travail.

M. BURCKARD pense que, dans cet ordre d’idées, les initiatives peuvent être réparties et se compléter. [/13]

M. BRAIBANT rappelant les observations faites précédemment à propos de la subjectivité qui, malgré les apparences, marque tout document audiovisuel, craint que la réalisation de certains de ces documents par les Archives ne donne à ces témoignages une fausse garantie d’impartialité.

M. BURCKARD voit, du moins, une répartition possible des compétences dans certains domaines : l’enregistrement à but philologique des parlers locaux est du domaine des Instituts spécialisés, les événements de chronique locale relèvent de la presse écrite ou filmée, les enregistrements de témoignages oraux rentrent tout à fait dans la vocation des Archives. Il a lui-même facilité ce genre de travail en procurant le matériel nécessaire à des enquêteurs, universitaires ou autres qui ont ensuite remis aux Archives les bandes qu’ils avaient réalisées.

M. de FERRY observe que, de même que les Archives de France « fabriquent » des archives en microfilmant des fonds d’archives familiales, elles ne sortent pas de leurs attributions en cherchant à fixer les « archives orales » que peuvent représenter les souvenirs des survivants. Il profite de cette occasion pour signaler qu’à son avis elles n’en sortiraient pas d’avantage en transcrivant systématiquement sur microfilm, grâce aux nouveaux procédés COM, les informations portées sur les bandes magnétiques d’ordinateurs, que les administrations effacent ou modifient selon les besoins et dont il ne restera plus de trace. Cette prescription devrait, à son avis, figurer dans la future loi d’archives.

M. BRAIBANT estime que, dans les exemples précédents, les Archives fabriquent des fonds et non des documents, démarche dangereuse qui peut les amener à outrepasser le rôle de conservation qui leur est dévolu.

Selon M. ROUYER les Archives n’ont pas, en effet, à se substituer aux journalistes.

M. BURCKARD pense qu’il leur incombe cependant de fixer les témoignages même fugitifs de l’histoire : n’est-il pas regrettable par exemple pour l’histoire du travail que le rythme des machines des usines de Lillebonne ne soit connu que par celui d’une chanson populaire locale ?

Pour les archives audiovisuelles existantes et pour celles qui seront créées à l’avenir M. BRAIBANT pense que le groupe de travail devra prendre parti au sujet du Décret de 1936 sur les versements d’archives à effectuer par les administrations. [/14]

En effet, ce texte ne fait pas directement allusion aux archives audio-visuelles. Le Groupe de travail est d’accord pour proposer une mise à jour.
[…]

M. BRAIBANT s’inquiète du sort réservé aux collections privées d’archives audio-visuelles : fonds d’entreprises de presse ou de photographes spécialisés toujours à la merci d’une dispersion, documentation sonore ou cinématographique des postes périphériques dont certains ont joué un rôle direct dans des circonstances historiques (mai 1968, etc…).

Selon M. ROUYER, la Radio d’État elle-même ne peut utiliser les émissions privées. Toutefois il y a parfois acquisition de documents appartenant à des collections privées. Ces documents sont cédés avec les droits des collectionneurs et les autorisations de personnalités enregistrées.

Elle peut tout au plus en faire des « citations ». Il s’informera officieusement du mode de conservation de ce genre d’archives.

M. BRAIBANT pense que l’État n’est pas, à cet égard, dépourvu de tout moyen de pression. C’est ainsi qu’en mai 1968 il a pu interdire à ces postes périphériques l’emploi d’appareils dont l’usage abusif aurait pu contribuer à semer la panique.

M. ROY ajoute qu’auprès de certains producteurs l’argument selon lequel leur œuvre risque d’être perdue à jamais peut, dans une certaine mesure les inciter à un dépôt, comme ce fut le cas pour les éditeurs de [/15] disques, vis-à-vis de la Phonothèque nationale. La garantie de la non-communication sauf accord des déposants, accroîtra encore ces bonnes dispositions.
[…]

M. BRAIBANT considère que, sur ce point, la législation future pourrait avoir comme prescription maxima le dépôt obligatoire et comme prescription minima l’obligation pour les organismes producteurs de conserver leurs productions. Sans doute y aurait-il lieu, comme il a été dit lors de la 1re réunion, de prévoir pour les documents audiovisuels détenus dans les collections privées, une procédure de « classement » au même titre que pour les objets d’art d’intérêt national. La future Loi d’archives devrait inclure cette possibilité. Ce dépôt pourrait avoir un caractère contractuel garantissant aux intéressés le catalogage et la conservation matérielle des documents.

M. BURCKARD corrobore cette opinion en suggérant les accords qui pourraient être conclus dans ce sens par les Archives avec des journaux et entreprises de presse.

M. BRAIBANT cite à l’appui, la politique suivie en ce sens par les Archives du Film. Il évoque dans le même ordre d’idées les mesures conservatoires qui seraient à prendre vis-à-vis des collections de films d’exercice que l’IDHEC a vraisemblablement constituées, et M. ROY fait état de la remarquable documentation de la revue MATCH où l’on trouve sur les événements des 25 dernières années des photographies qui n’ont jamais été publiées, même pas par cet hebdomadaire. Mais que deviendront-elles si la revue disparaît un jour ?
[…]

PROCÈS-VERBAL. Séance du 1er juin 1972

La 4e réunion du Groupe de travail s’est tenue à partir de 9 h 30 le 1er juin 1972 sous la présidence de M. Guy BRAIBANT.

Étaient présents : M. DOUSSET, vice-président, Mmes EICHART et GRATIOT, MM. GRUNDLER, ROUYER, BURCKARD et de FERRY, ce dernier remplissant les fonctions de secrétaire, et, pour la première fois, sur désignation de M. l’Administrateur général de la Bibliothèque nationale, M. Jean ADHÉMAR, Conservateur en Chef du Cabinet des Estampes, et Mlle GITEAU, Conservateur.

Ont pris part à la réunion, à titre consultatif, Mlle RUMEAU, sous-directeur des Archives de France, et M. Marc FERRO, Directeur d’Études à 1’Ecole pratique des Hautes-Études.

Excusés : M. ROY et M. PELOU, conservateur à la Bibliothèque nationale.
[…/7]

M. ADHÉMAR rappelle que, depuis 1632, la Bibliothèque Royale, maintenant Bibliothèque nationale a été chargée explicitement de recevoir le dépôt des livres et des « figures accompagnées de légendes », et, depuis 1881, celui des photographies. Les films cinématographiques ne s’en distinguent que par une différence de support. Le reportage réalisé en 1886 par Nadar sur Chevreul peut être considéré comme le début des archives audio-visuelles. Ces droits de la Bibliothèque nationale ont été réaffirmés dans la loi de 1943 sur le Dépôt Légal. Le projet d’un dépôt central d’archives audio-visuelles conçu par M. Malraux en 1962 n’a pas abouti. La Bibliothèque rassemble, d’autre part, une importante documentation audio-visuelle sur les arts du spectacle. Elle a collaboré avec M. GRUNDLER pour la mise sur pied des « Archives du Film ». [/8]

M. FERRO, en tant qu’utilisateur, pense que le chercheur doit tenir compte aussi bien des films de fiction que des documentaires ou reportages. Les premiers sont aux seconds ce qu’un roman de Balzac est à une minute notariale.

M. BRAIBANT note que, néanmoins, un roman ne peut être assimilé à un document d’archives.

M. DOUSSET pense qu’il faut distinguer 2 domaines, tous deux reconnus par la loi ; celui du dépôt légal et celui des versements d’archives. Ces deux domaines se complètent et peuvent parfaitement coexister.
[…]

M. BRAIBANT considère que la délimitation entre les films d’archives et les autres est fort délicate. La répartition entre dossiers d’archives et livres imprimés ne posait pas de problème, tandis que, pour les films, la présentation matérielle est la même. Faut-il opérer la distinction d’après 1’origine (les films d’archives étant les films provenant d’administrations), ou d’après le contenu (seraient films d’archives ceux qui présenteraient un caractère de document historique) ?

Pour M. BURCKARD, c’est sans aucun doute, l’origine qui fait la délimitation. Un procès-verbal, même imprimé, est un document d’archives.

M. ADHÉMAR rappelle que la Bibliothèque nationale conserve de très nombreuses images représentant des événements historiques. Elle en achète continuellement. Si certains dépôts d’archives ont des collections d’images populaires, il paraît évident que les archives historiques iconographiques relèvent plutôt de la Bibliothèque nationale, à qui cette compétence n’avait jamais été contestée.

Pour M. BRAIBANT, la délimitation basée sur 1’origine des documents paraît claire, conforme à la tradition, et, au surplus, dans la ligne du décret de 1936 sur les versements d’archives, qui vise « les documents », quel que soit leur support.

M. FERRO verrait un autre critère dans l’« unicité » ou la multiplicité des documents.

M. BRAIBANT trouve cet argument moins convaincant : il est bien connu que des documents comme les circulaires, reproduits en nombreux exemplaires, deviennent rapidement introuvables malgré leur multiplicité originelle. Il évoque, d’autre part le film d’instruction des P et T sur « Le fonctionnement d’un bureau de poste », et qui lui paraît typiquement un document d’archives.
[…/10]

M. ADHÉMAR s’étonne qu’on parle surtout des films cinématographiques et si peu des images fixes dont la conservation intéresse particulièrement la Bibliothèque nationale.

M. BRAIBANT assure que c’est là un hommage rendu à la compétence particulière de la Bibliothèque nationale dans un tel domaine.

M. BURCKARD voudrait que l’on ne passât pas sous silence la conservation des bandes sonores, fréquemment utilisées dans les Archives départementales pour la collecte de témoignages historiques originaux.

M. ADHÉMAR est d’accord pour une coordination et pour une centralisation des renseignements. En ce qui concerne les photographies, la Bibliothèque nationale s’est demandé si elle devait faire porter ses prospections sur tout l’ensemble du domaine photographique. Les questions de locaux ne sont pas insolubles : la Bibliothèque nationale a, sur ce point, les moyens d’accroître très largement ses collections. La Documentation française lui envoie ses photographies. Peut-être l’ORTF devrait-il lui confier un jour les photographies dont l’Office n’a plus l’usage. Une image accompagnée d’une légende répond, conclut, M. ADHÉMAR, à toutes les définitions d’un document audio-visuel.
[…/11]

M. BRAIBANT voudrait que le schéma de rapport, qui sera présenté à la prochaine séance par MM. de FERRY et BURCKARD, s’attache à éclaircir d’abord la notion d’« archives audio-visuelles » pour laquelle 3 définitions paraissent s’affronter : entend-on par-là 1°) les documents audio-visuels d’origine publique – 2°) ou bien les documents audio-visuels présentant un intérêt historique – 3°) ou bien tous les documents audiovisuels, quel que soit leur sujet et leur origine, et dont il s’agit d’assurer la conservation ?

Il conviendra de distinguer, dans ce problème le rôle qui sera dévolu : 1°) aux Archives de France – 2°) à d’autres administrations existantes – 3°) à des organismes qui seraient éventuellement à créer. […]

PROCÈS-VERBAL. Séance du 15 juin 1972

[…]

M. ADHÉMAR tient à rappeler, de nouveau, les droits que la Bibliothèque nationale tient de la loi, d’assurer la conservation des documents dont s’occupe le groupe de travail. Les estampes sont des documents audiovisuels. Leur rattachement et celui des manuscrits à peintures aux collections du Musée du Louvre envisagé sous le Ier et le Second Empire et également par M. André Malraux, s’est toujours heurté aux principes fondamentaux définissant les attributions de la Bibliothèque. Ces principes restent valables même si, en ce qui concerne le film, le Centre national de la Cinématographie a pu mettre sur pied les installations de Bois-d’Arcy.

M. ADHÉMAR considère que le projet de rapport se place trop exclusivement dans l’optique des Archives de France. Il souhaiterait que le rôle de la Bibliothèque nationale soit nettement rappelé en tête du texte définitif.

MM. BURCKARD et de FERRY précisent que l’activité de la Bibliothèque nationale est évoquée dans le corps du projet avec celle d’autres organismes et que, au demeurant, le rapport demandé par le Ministre des Affaires culturelles a pour but de définir avant tout la politique des Archives de France vis-à-vis des archives audio-visuelles.

M. BRAIBANT convient que, pour ce qui concerne la conservation des documents audio-visuels, la Bibliothèque nationale doit être placée sur un autre plan que l’ORTF. Le partage des compétences devra être précisé. Il lui semble toutefois difficile de considérer une estampe comme un document [/3] d’archives.

M. ADHÉMAR réaffirmant l’intérêt de la Bibliothèque nationale pour les archives audio-visuelles, les photographies étant elles aussi des œuvres subjectives,

M. BRAIBANT suggère que la Bibliothèque nationale élabore parallèlement à ce que font les Archives et en liaison avec elles, un texte précisant sa position.

M. ROY considère qu’une estampe est une œuvre d’art où intervient avant tout l’interprétation personnelle, tandis que les archives audio-visuelles sont des documents et non des œuvres d’art.

M. de FERRY estime lui aussi qu’il y a une différence de nature entre un témoignage enregistré automatiquement et une estampe.
[…/6]

Revenant à l’examen du projet de plan pour le rapport final, M. BRAIBANT distinguerait 2 parties dans l’exposé préliminaire :

  • une définition des archives audio-visuelles
  • un état de la question et de ce qu’il serait souhaitable d’envisager pour le résoudre.

Pour M. BURCKARD les archives audio-visuelles sont caractérisées par deux critères :

  • elles proviennent d’administrations
  • elles sont des témoignages historiques

M. ADHÉMAR se demande pourquoi l’on veut distinguer ces archives de documents tels que les gravures, qui elles aussi, sont des témoignages historiques, que le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale est chargé traditionnellement de conserver avec, d’ailleurs, les photographies.

M. BRAIBANT précise que la définition figurant dans le projet est celle que les Archives de France proposent pour caractériser les documents de cet ordre qui peuvent être conservés dans les dépôts d’archives.

Mme GRATIOT remarque que si l’on s’en tient au sens strict de l’adjectif « audiovisuel » qui, selon M. Adhémar, est défini par le dictionnaire comme : « ce qui concerne à la fois la vue et l’ouïe », les photographies ne seraient pas des documents audio-visuels.

M. BRAIBANT, MM. ROUYER et BURCKARD considèrent qu’à ce compte les disques et les films muets devraient aussi bien être exclus de l’« audio-visuel ». La forme « audio-visuel » (en deux mots) couvre les deux notions de son et image, que le document considéré fasse appel à la fois à l’une et l’autre ou seulement à l’une d’entre elles. [/7]

Pour M. ROUYER le document audio-visuel se caractérise, de plus, par le fait qu’il est inscrit sur un support ne permettant pas l’utilisation directe du document, nais nécessite 1’intervention d’un intermédiaire.

M. BURCKARD remarque que cette précision éliminerait les témoignages photographiques qui sont directement consultables. Tout au plus peut-on indiquer que les archives audio-visuelles sont des documents qui par leur nature diffèrent des documents graphiques habituels.
[…/12]

En abordant dans l’examen des « Mesures proposées », le titre A : « Mesures juridiques », a) Loi d’archives, M. ADHÉMAR déclare que, représentant mandaté par l’Administrateur général de la Bibliothèque nationale, il ne peut, par sa signature, engager cette institution dans l’approbation d’un rapport qui ne précise pas le rôle que la Bibliothèque nationale devra jouer pour la conservation des archives audio-visuelles.

Il considère, dans ces conditions, que c’est uniquement à titre consultatif qu’il participe au groupe de travail.

M. BRAIBANT estime que les représentants de la Bibliothèque nationale ne devraient réserver leur signature que s’ils se trouvent en désaccord avec le texte du rapport. Au demeurant, la loi d’archives sera sans doute interministérielle, donc discutée par le Ministère de tutelle de la Bibliothèque nationale.

M. ADHÉMAR préfère ne pas figurer parmi les signataires du rapport final. […]

PROCÈS-VERBAL. Séance du 13 juillet 1972

[…/2]
M. ADHÉMAR, en ce qui le concerne, considère qu’une place insuffisante est faite à la Bibliothèque nationale dans le rapport. Il tient à affirmer, de nouveau, que la Bibliothèque Nationale, en droit comme en fait, doit être le dépôt des archives audiovisuelles. L’Administrateur général, M. DENNERY est formel sur ce point. Une note vient d’être rédigée à ce sujet et ce dossier sera le premier à être présenté au nouveau Ministre de l’Éducation Nationale M. FONTANET. Au demeurant, M. ADHÉMAR comprend que les Archives de France soutiennent un point de vue différent.

M. BRAIBANT convient qu’une place plus grande devra être faite aux Bibliothèques de France, notamment dans la nomenclature des centres de conservation et dans les vœux d’attribution de crédits supplémentaires.

M. DOUSSET estime cependant qu’on ne peut laisser dire que la conservation des archives audiovisuelles revient de droit à la Bibliothèque Nationale, le versement d’archives à une autre administration que les Archives de France, sous prétexte que les documents sont inscrits sur un support différent, serait en contradiction avec les textes généraux réglementant la conservation des archives. Il demande à M. ADHÉMAR si la Bibliothèque Nationale a maintenant l’intention de revendiquer la conservation des documents d’archives détenus par les administrations publiques.

M. ADHÉMAR reconnaît que non.

M. DOUSSET pense qu’il faudra instaurer, en l’espèce, une ligne de démarcation entre le domaine des Bibliothèques et celui des Archives. Ces dernières ne souhaitent pas empiéter sur les attributions des Bibliothèques, mais, inversement, ne peuvent accepter de se voir exclues du secteur qui leur est attribué par la loi en matière d’archives, quel que soit le support.

M. ADHÉMAR constate que certaines frictions ont pour origine l’insuffisance ou le vague des définitions. Les gravures, déposées depuis Louis XIV sont des documents d’histoire. Cependant, les Archives de France ne les ont jamais revendiqués. Il estime néanmoins que les Archives de France doivent exprimer intégralement leur point de vue pour que l’on puisse arriver à une répartition exacte des compétences.

M. BURCKARD fait observer que, depuis Louis XIV, est intervenue la création des Archives de France qui a modifié la conception de la conservation des documents historiques.

M. ADHÉMAR remarque qu’à cette époque, les Archives Nationales n’ont pas revendiqué la conservation des documents d’iconographie historique.

M. BURCKARD demande si ce qui doit l’emporter c’est d’abord le caractère de « document audiovisuel » ou celui de « document d’archives ».

M. ROY pense que le critère de répartition serait celui de dépôt légal. [/3]

Mlle GITEAU souligne que ce critère est insuffisant ; en effet, la Bibliothèque Nationale rassemble notamment, en dehors de tout dépôt légal, toute la documentation concernant les arts du spectacle.

M. ADHÉMAR ajoute que si certains journaux assurent un dépôt aux Archives départementales, d’autres remettent leur documentation à la Bibliothèque Nationale. Celle-ci négocie actuellement l’acquisition des archives iconographiques d’un grand journal.

M. DOUSSET s’inquiète vivement de l’affirmation : « les archives audiovisuelles doivent revenir aux Bibliothèques » qui, selon M. ADHÉMAR serait le thème du rapport de M. l’Administrateur général DENNERY à M. le Ministre de l’Éducation Nationale. Présentée de façon aussi absolue elle va à l’encontre des textes fondamentaux des Archives et risque de bloquer toute discussion.

M. ADHÉMAR soutient que le classement des archives audiovisuelles est une technique particulière que la Bibliothèque Royale, puis Nationale, pratique depuis le 17e siècle, alors que le rapport évoque la nécessité d’un « recyclage » dont les bibliothécaires n’ont pas besoin. Le traitement de documents d’un nouveau type ne sera qu’un perfectionnement d’un classement éprouvé. Il y a un langage spécial pour la description des images mais le maniement en est si délicat que l’on n’est pas arrivé à trouver un langage commun.

Mme EICHART confirme la diversité des langages employés.

M. BURCKARD précise que le problème du partage semble résolu par la définition que le rapport donne des « archives audiovisuelles » par référence à celle du mot « archives » formulée dans le Manuel d’archivistique.

M. ADHÉMAR considère que cette position est raisonnable, mais qu’il ne faudrait pas aller trop loin. […]

Rapport général. Juillet 1972. Rapport du groupe de travail sur les archives audio-visuelles [extraits]

I. Préambule

La multiplication des archives audio-visuelles dans les dépôts d’archives, les administrations publiques et les collections privées, l’intérêt croissant qu’elles suscitent auprès des chercheurs, les perfectionnements des procédés permettant de fixer des témoignages historiques qui étaient jadis appelés à disparaître, créent pour la Direction des Archives de France des responsabilités et des obligations nouvelles qui nécessitent une réglementation et des moyens nouveaux.

1. Définition

Nous appelons « documents audio-visuels », par opposition à d’autres formes d’expression (et notamment, aux documents écrits) l’original et les diverses reproductions de tous les témoignages iconographiques ou sonores enregistrés par des procédés mécaniques12.

Cette définition englobe : les photographies, les diapositives, les films cinématographiques, les bandes magnétiques « son » et « image-son » [/2], les disques et tous autres documents pouvant répondre aux caractéristiques énoncées ci-dessus.

Nous appelons « archives audio-visuelles » les archives13 qui se présentent sous la forme de documents audio-visuels.

Nous n’entendons pas, par-là, étendre la notion traditionnelle d’« archives », mais déterminer son application à de nouvelles formes d’expression.

Ces archives peuvent être soit publiques, élaborées ou détenues par des administrations publiques ou par des organismes plus ou moins liés à l’État, soit privées, si elles sont produites ou détenues par des particuliers ou des organismes privés.

2. Valeur historique

Ces Archives ont, pour la connaissance de l’histoire, un intérêt égal à celui des archives écrites. En France et à l’étranger, les chercheurs y recourent de plus en plus.

C’est ainsi que la phonothèque de l’ORTF a reçu à elle seule en 1971, 392 demandes de recherches en vue de la rédaction de thèses et ouvrages divers14.

Le fait nouveau que représente cette application de la notion d’archives aux témoignages audio-visuels, implique, pour les services [/3] responsables, le devoir de préserver ces documents, d’en assurer la communication, voire même de les créer afin de pouvoir garder une trace authentique de moments importants pour l’histoire.

3. Problèmes spécifiques

a) Difficulté d’utilisation directe.

Mis à part les photographies, ces documents ne peuvent être exploités sans l’aide d’appareils et souvent de techniciens. Les problèmes de classement et de recherche imposent, eux aussi, le concours de spécialistes.

b) Fragilité des supports

N’étant généralement pas conçues en vue d’une conservation illimitée ni d’une communication systématique au public à des fins de recherche historique, les archives audio-visuelles exigent des conditions particulières de manutention et l’établissement fréquent de copies soit en raison de la dégradation des documents, soit pour permettre les communications sans faire courir à l’original des risques supplémentaires.

c) Dispersion

Les Archives audio-visuelles gardent, dans de nombreux cas, un caractère permanent d’information qui justifie leur maintien comme éléments d’utilisation journalière ou comme documentation annexe, dans les administrations qui les ont produites ou rassemblées, leur versement est, par-là, plus difficile à obtenir que pour les archives classiques. Les instruments de travail sont eux-mêmes dispersés entre les diverses administrations détentrices. [/4]

d) Cherté de la conservation et de la consultation

Toutes ces servitudes rendent la conservation et la consultation des archives audio-visuelles beaucoup plus onéreuses que celles des archives classiques15. Elles nécessiteront, dans de nombreux cas, une coordination des moyens mis en œuvre.

Les solutions proposées plus loin devront, sans doute, être appliquées de façon progressive.
[…]

1 Le sixième Plan de développement économique et social est voté par la loi no 71-567 du 15 juillet 1971 publiée dans le Journal officiel du 16

2 Marie Cornu, Christine Nougaret, Yann Potin et al., « Introduction. Déplier la loi sur les archives », dans 1979. Genèse d’une loi sur les archives

3 Ibid., 11.

4 Voir par exemple les photothèques des ministères du Tourisme, de l’Agriculture, de la Reconstruction et de l’Urbanisme, etc.

5 Sur le développement du métier d’iconographe au début des années 1960, voir Olivier Lugon, Nicolas Bouvier iconographe, Genève : Bibliothèque de

6 Jacqueline Eichart assiste aux réunions à partir de la 2e séance en mars 1972.

7 Le cas de la Bibliothèque nationale est évoqué dès la première séance : « M. Dousset suggère que, en raison de l’intérêt majeur que la Bibliothèque

8 Voir Michel Melot, Connaissance et conservation du patrimoine photographique de la France. Rapport à monsieur le ministre de la Culture, juin 1982

9 Voir Véronique Figini-Véron, « Les grands serviteurs de l’État et le patrimoine photographique. Les politiques culturelles pionnières de la

10 Voir par exemple « Des inventaires d’archives syndicales », Le Mouvement social : bulletin trimestriel de l'Institut français d'histoire sociale

11 Voir dans ce numéro l’article de Marie-Ève Bouillon, « “Faut-il tout garder ?” Patrimoine et archives photographiques ».

12 [note 1 dans le document d'origine] Les dictionnaires Larousse et Robert ne définissent, jusqu’ici, l’adjectif « audio-visuel » que par rapport

13 [note 2 dans le document d'origine] Un fonds d’archives est selon la définition du Manuel d’archivistique publié par la Direction des Archives de

14 [note 3 dans le document d'origine] Voir note de M. ROUYER jointe en annexe. Le séminaire de filmologie et d’histoire que M. Marc FERRO dirige à l

15 [note 4 dans le document d'origine] Il a été signalé que l’établissement de la copie d’un film cinématographique d’une durée de 1 h 30 de

Document annexe

Notes

1 Le sixième Plan de développement économique et social est voté par la loi no 71-567 du 15 juillet 1971 publiée dans le Journal officiel du 16 juillet 1971.

2 Marie Cornu, Christine Nougaret, Yann Potin et al., « Introduction. Déplier la loi sur les archives », dans 1979. Genèse d’une loi sur les archives, Paris : la Documentation française, 2019, 18.

3 Ibid., 11.

4 Voir par exemple les photothèques des ministères du Tourisme, de l’Agriculture, de la Reconstruction et de l’Urbanisme, etc.

5 Sur le développement du métier d’iconographe au début des années 1960, voir Olivier Lugon, Nicolas Bouvier iconographe, Genève : Bibliothèque de Genève - Infolio, 2020, 23-43.

6 Jacqueline Eichart assiste aux réunions à partir de la 2e séance en mars 1972.

7 Le cas de la Bibliothèque nationale est évoqué dès la première séance : « M. Dousset suggère que, en raison de l’intérêt majeur que la Bibliothèque nationale a dans cette affaire, un représentant de cette institution soit invité à participer aux séances du Groupe. M. Braibant y est favorable, en précisant que la Bibliothèque nationale déjà pressentie par le Ministère, n’avait pas, jusqu’ici fait parvenir de réponse. » (Procès-verbal, séance du 16 février 1972, feuillet 4)

8 Voir Michel Melot, Connaissance et conservation du patrimoine photographique de la France. Rapport à monsieur le ministre de la Culture, juin 1982.

9 Voir Véronique Figini-Véron, « Les grands serviteurs de l’État et le patrimoine photographique. Les politiques culturelles pionnières de la Bibliothèque nationale (1938-1996) », dans Anne-Claire Bondon, Justine Delassus, Thibault le Hégarat, Faiseurs et passeurs de patrimoines xixe-xxie siècles. Actes de la journée d’études du 7 mai 2014, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, 2015, 49-60.

10 Voir par exemple « Des inventaires d’archives syndicales », Le Mouvement social : bulletin trimestriel de l'Institut français d'histoire sociale, oct.-déc. 1995, n° 173, 220.

11 Voir dans ce numéro l’article de Marie-Ève Bouillon, « “Faut-il tout garder ?” Patrimoine et archives photographiques ».

12 [note 1 dans le document d'origine] Les dictionnaires Larousse et Robert ne définissent, jusqu’ici, l’adjectif « audio-visuel » que par rapport aux méthodes d’enseignement "qui utilisent au maximum les sens de l’enfant, en particulier l’ouïe et la vue en lui commentant des spectacles instructifs".

13 [note 2 dans le document d'origine] Un fonds d’archives est selon la définition du Manuel d’archivistique publié par la Direction des Archives de France (SEVPEN, 1970, p. 22-23) « l’ensemble des pièces de toute nature que tout corps administratif, toute personne physique ou morale a automatiquement et organiquement réuni en raison même de ses fonctions ou de son activité ».

14 [note 3 dans le document d'origine] Voir note de M. ROUYER jointe en annexe. Le séminaire de filmologie et d’histoire que M. Marc FERRO dirige à l’École pratique des Hautes Études, base ses travaux d’histoire politique et sociale sur la documentation recueillie dans les phonothèques et les cinémathèques, notamment celles de l’ORTF et l’Établissement cinématographique des Armées. On peut citer à l’étranger l’effort poursuivi en Grande-Bretagne par le British Universities Film Council qui s’attache à promouvoir l’utilisation des documents audio-visuels dans la recherche historique.

15 [note 4 dans le document d'origine] Il a été signalé que l’établissement de la copie d’un film cinématographique d’une durée de 1 h 30 de projection coûte de 3 à 4 000 F[rancs].

Illustrations

Citer cet article

Référence électronique

« Juillet 1972. Ministère des Affaires culturelles. Groupe de travail sur les archives audio-visuelles. », Photographica [En ligne], 1 | 2020, mis en ligne le 25 septembre 2020, consulté le 27 février 2021. URL : https://devisu.inha.fr/photographica/246