« L’appareil de l’explorateur n’existe pas. »

Quels matériels photographiques pour les missions d’exploration françaises au cours du dernier tiers du xixe siècle ?

“Explorer’s device does not exist.” What photographic equipment for French exploration missions during the last third of the 19th century?

p. 90-109

Résumés

La pratique de la photographie par des voyageurs peu expérimentés au cours d’expéditions extra-européennes suscite peu de débats dans les milieux photographiques des années 1860-1880 en France. Parmi les voyageurs missionnés par le ministère de l’Instruction publique et circulant en Afrique saharienne et subsaharienne, en Amérique du Sud ou en Asie, ceux qui veulent rapporter des clichés doivent composer avec un matériel pensé pour un référentiel technique et climatique européen. Ni la longue durée des voyages, ni la précarité de leur déroulement, ni la variabilité des conditions météorologiques rencontrées ne sont prises en compte pour penser des appareils et des supports sensibles spécifiques. Ce n’est qu’avec l’affirmation de l’expansion coloniale dans les années 1890 que le matériel de l’explorateur photographe devient objet de débat. Cette figure de la mobilité photographique outre-mer permet alors de rediscuter la valeur de certaines innovations techniques et la réalisation de clichés en expédition.

In French photographer circles of the 1860s-1880s, the practice of photography by ill experimented amateur photographers during extra-European expeditions barely roused debates. When travelers commissioned by the ministère de l’Instruction publique circulated in Saharian and Subsaharian Africa, South America or Asia, and showed the desire to bring back photographs, they had to deal with a photographic apparatus conceived for European technical and climatic standards. Neither the length of those travels, nor their precarious conditions, or the variability of the meteorological conditions, were considered when building the cameras and choosing a specific sensitive substrate. It was only during French colonial expansion in the 1890s that the photographer-explorer became a real matter of discussion. This figure of overseas photographic mobility thus makes us question the value of technical innovation and the making of expedition photography.

Index

Mots-clés

histoire des techniques, innovation, photographie de voyage, amateur, explorateur, terrain

Keywords

history of techniques, innovation, travel photography, amateur, photographer, explorer, field

Plan

Texte

« L’appareil de l’explorateur n’existe pas1. » Tel est le constat formulé par Albert Londe dans sa conférence sur la « photographie dans les voyages d’exploration et les missions scientifiques », prononcée le 11 mars 1893 devant le public de l’Association française pour l’avancement des sciences. Par cette formule, le secrétaire général de la Société française de photographie (SFP) met l’accent sur le problème de la photographie dans les voyages extra-européens de longue durée, réalisés dans des conditions techniques et climatiques précaires. S’il ne précise pas les zones géographiques qu’il envisage, sa définition du lointain renvoie à « des régions inconnues, sous des climats torrides ou glacés ». À une époque où les blancs de la carte s’amenuisent, les difficultés selon lui « croissent pour le voyageur avec la distance » parcourue. Fort de son appartenance à la Société des excursionnistes et de ses voyages d’études à l’étranger dont un au Canada au milieu des années 18802, Londe réfléchit à l’appareil idéal à partir de ces différents critères et propose une synthèse sur la photographie de voyage, en distinguant ces expéditions des excursions plus courtes mais parfois tout aussi difficiles en France et en Europe, comme celles de haute montagne, ainsi qu’en comparant les évolutions techniques et les appareils disponibles sur le marché.

Pour rédiger sa conférence, Londe s’appuie sur ses propres connaissances et sur de nombreux échanges qu’il dit avoir eus avec des explorateurs. Concernant la photographie, ceux-ci possèdent selon lui une instruction technique « en général insuffisante quand elle n’est pas complètement nulle3 ». D’autres auteurs contemporains de synthèses comparables désignent également comme source les témoignages de différents voyageurs revenus bredouilles ou déçus, et insistent sur l’importance de ces informations de terrain qui leur sont inaccessibles depuis leur laboratoire métropolitain : « Tels sont, rapidement tracés, les conseils que nous croyons pouvoir donner aux voyageurs d’après nos connaissances photographiques, mais il nous manque la grande expérience pratique des explorateurs en pays lointains ; c’est à eux qu’il appartient de nous fournir au retour tous les renseignements que cette expérience leur aura suggérés4. »

Tout en prenant au sérieux l’affirmation de Londe, il faut chercher à comprendre comment l’appareil de l’explorateur a néanmoins existé entre les années 1860 et 1900, malgré et en raison de perceptions et de définitions évolutives du voyage et du lointain. Une telle démarche revient à compléter une histoire technique de la photographie de voyage, en brassant différentes sources. Tout d’abord, un corpus de textes prescriptifs, c’est-à-dire des écrits théoriques publiés en volumes individuels ou dans des revues consacrées soit à la photographie, soit au voyage. D’autre part, les archives individuelles des explorateurs missionnés par le ministère de l’Instruction publique et circulant en Amérique du Sud, en Océanie ou en Afrique saharienne et subsaharienne, sur des territoires pour partie sous domination coloniale. Enfin, une littérature grise composée de publicités et de notices de fabricants.

Ces sources permettent d’envisager une approche historique des pratiques encadrant la production des images. L’histoire des explorations comme celle des techniques ont récemment connu une évolution historiographique parallèle, inspirée de l’histoire des sciences, amenant à redonner toute leur importance aux usages concrets des acteurs sur le terrain5. L’intérêt pour les appareils photographiques utilisés en expédition participe d’une étude matérielle des trajectoires biographiques des photographies d’exploration, la matérialité des outils et des conditions de prises de vue informant celle des images et de leur circulation. Cette approche conduit ainsi à mieux contextualiser la construction d’une culture visuelle de l’ailleurs, comme le montrent déjà les travaux de James Ryan6.

Si quelques démarches institutionnelles encouragent des recherches pour améliorer le matériel des explorateurs dans les années 1870, les fabricants comme les vulgarisateurs photographiques font rarement de ce type de mobilité un objet d’étude, par manque de connaissances et d’intérêt économique peut-être, laissant les voyageurs se débrouiller avec les appareils ordinaires. Ce n’est qu’au tournant des années 1890, avec l’expansion coloniale française et la simplification du matériel disponible, que la figure de l’explorateur photographe et la mission d’exploration outre-mer suscitent un nouvel engouement chez les chroniqueurs photographiques et deviennent un modèle pour penser la mobilité photographique.

Excursion/expédition, touriste/explorateur

En 1863, Hippolyte Fizeau évalue une chambre de campagne pour la SFP. Cet astronome photographe, inventeur en 1841 d’un des premiers procédés de reproduction photomécanique d’images employé notamment par Noël-Marie Paymal Lerebours pour publier les Excursions daguerriennes7, profite de son compte rendu pour distinguer trois situations de photographie en plein air, rattachées à trois définitions de la mobilité et du lointain. L’opérateur peut travailler « soit dans la campagne loin des habitations, soit dans les solitudes des montagnes ou des forêts, et surtout dans les régions lointaines explorées par les voyageurs8 ». Néanmoins, une fois cette distinction faite, il ne différencie pas les pratiques. S’il valorise le système de magasin qui permet de transférer les plaques des bassines aux châssis « par la seule action de la pesanteur » et le mouvement des bras de l’opérateur, sans avoir donc à les manipuler en plein jour, d’autres facteurs comme la solidité du matériel, la facilité d’utilisation ou de préparation des plaques ne sont pas questionnés. Fizeau oublie d’ailleurs rapidement les expéditions lointaines pour se concentrer sur l’exécution « de dessins photographiques en rase campagne », qui intéresse la grande majorité des praticiens. Les excursions et le plein air correspondent en effet à l’expérience d’une majorité de photographes amateurs, c’est-à-dire à la définition dominante du voyage pour les milieux photographiques des années 1860 et 1870. Compte tenu des difficultés de déplacement et de manipulation de l’époque, ces pratiques constituent pour Fizeau et ses contemporains un défi technique déjà conséquent pour un marché encore limité.

Quatorze ans plus tard, lorsque la SFP propose un concours consacré à « l’amélioration du matériel photographique de voyage » en 1877, la définition de la mobilité photographique diffère. Le mot désigne en priorité les missions scientifiques pouvant s’accomplir « sous toutes les latitudes, dans les conditions climatériques les plus opposées9 ». Ce choix de sujet résulte de l’influence du ministère de l’Instruction publique qui finance un prix de 500 francs versé au vainqueur. Il souhaite en effet que les recherches photographiques soient utiles aux explorateurs missionnés par sa nouvelle Commission des voyages créée trois ans plus tôt10.

Déjà, en 1875, les intérêts communs du ministère et de la SFP avaient abouti à l’organisation d’un premier concours consacré à l’amélioration du procédé de préparation des plaques au collodion sec. Supprimant la nécessité de préparer et de développer ses négatifs en chemin imposée par le collodion humide, ce procédé permet un allègement important du bagage et facilite les manipulations, même s’il peut nécessiter de plus longs temps de pose. Le ministère décide d’attribuer une première bourse au vainqueur à condition que sa proposition soit pensée « pour les missions lointaines et les recherches scientifiques11 », voulant ainsi renforcer l’encadrement technique des expéditions outre-mer. Le nouveau procédé au gélatino-bromure inventé en Angleterre, qui finit par s’imposer en France pour sa praticité et sa rapidité à la fin des années 1880, est alors méconnu.

Pour le concours de 1877, le poids du ministère est le même, et la principale pratique visée reste celle des voyageurs chargés d’explorer une région extra-européenne, lors de longues missions en terrain difficile semblables aux expéditions alors célèbres de Jules Crevaux en Amazonie12. Ces explorateurs ont des pratiques de collecte protéiformes pouvant faire intervenir la photographie à plusieurs niveaux, comme l’indique le programme du concours :

Les études lointaines ont généralement pour but les recherches géographiques, ethnologiques, historiques, archéologiques, paléographiques, zoologiques, botaniques, etc., etc., et pour ces recherches il peut être nécessaire d’obtenir de larges vues d’ensemble, des vues de détails, des épreuves prises de stations déterminées pour le lever de plans, […] des portraits rapides, des copies d’inscriptions, de manuscrits, de plans13.

Les rédacteurs du programme appellent à réfléchir à l’élaboration d’une chambre adaptée à cette pratique particulière, qui synthétise et perfectionne des inventions antérieures. Ils désirent que les propositions se démarquent des chambres de campagne et appareils dits touristes, en identifiant pour cela trois qualités requises : « Solidité, Légèreté, Simplicité ».

Sur les quatre appareils déposés à la SFP début 1878, trois seulement sont examinés et aucun n’est jugé digne du prix. Si la chambre de Frédéric Jonte [Fig. 1a ; 1b], qui retient le plus l’attention du jury, présente une aisance de manipulation et une grande légèreté, elle ne répond pas au critère premier de solidité. D’une part, ses composants sont assemblés à l’aide de vis, coins et ressorts métalliques indépendants susceptibles d’être perdus et irremplaçables dans le contexte d’une expédition de longue durée. D’autre part, les pièces en bois et en métal ne sont pas pensées pour résister à des températures et à des hygrométries élevées, de celles que l’on peut rencontrer sous des climats tropicaux14.

Fig. 1a L’appareil photographique américain de MM. Jonte et Domenech, dans Bulletin de la Société française de photographie, vol. XV, 1869, p. 135.

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Paris, Société française de photographie.

Fig. 1b L’appareil photographique américain de MM. Jonte et Domenech, dans Bulletin de la Société française de photographie, vol. XV, 1869, p. 136.

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Paris, Société française de photographie.

Cet échec relatif s’explique par un écart entre deux conceptions du voyage. Si le programme insiste sur la spécificité des missions lointaines au sens d’extra-européennes et la nécessité d’adapter le matériel proposé, les candidats livrent des modèles perfectionnés d’appareils de campagne, destinés à faciliter la photographie en plein air. Ils ne prennent pas en compte la précarité du type de mobilité liée par exemple à la navigation fluviale, au cheminement en altitude, aux campements provisoires ou encore aux fortes variations climatiques rencontrées. Le jury du concours, présidé par l’astronome Jules Janssen et composé de photographes et de spécialistes de topographie, parlait d’expédition alors que les candidats entendent voyage au sens d’excursion, associée à la figure du touriste désireux de rapporter des souvenirs et rattachée à une pratique sociale qui se développe dans ces années 1870-1880, par exemple chez les photographes alpinistes15.

Cependant, le concours est relancé l’année suivante, et le plus complimenté des candidats de 1877 retravaille sa proposition en prenant en compte les critiques des jurés afin d’adapter son appareil à leur définition du voyage. Jonte choisit un encadrement de la chambre en cuivre, matériau supposé plus résistant au climat tropical. Il remplace les coulisses du pied, auparavant en bois donc très sensibles à l’humidité, par des bagues également en cuivre. Enfin, il incorpore les ressorts à l’intérieur du bois pour diminuer les risques de perte. Ses efforts d’adaptation lui valent alors de remporter le prix16.

La définition du voyage comme expédition, promue par ces concours, ne s’impose toutefois pas encore comme un horizon concret de la mobilité photographique. Au milieu des années 1880, lorsque Léon Vidal décrit trois figures de « touriste-photographe », il prend bien en compte les « missionnaires scientifiques » de l’Instruction publique17. Cependant, il ne mène pas de véritable réflexion sur la particularité de leurs pratiques. Vidal fait certes quelques références aux spécificités des voyages extra-européens, suggérant par exemple que l’on pourrait continuer de préférer le collodion humide « en voyage dans des pays où le climat rendrait accidentellement très difficile l’emploi des plaques à la gélatine18 », alors même que ce dernier procédé est devenu la norme. Néanmoins, il s’applique surtout à décrire l’appareil du touriste, cet « en-cas photographique » [Fig. 2] appelé ainsi parce qu’il permet l’instantané et la pose, l’utilisation à la main comme sur pied, mais qui répond mal aux besoins d’une expédition. Vidal élabore la notion de « portativité19 » pour désigner l’équilibre à trouver entre légèreté, maniabilité et solidité, mais il s’en tient toutefois à une définition du voyage comme excursion touristique, au cours de laquelle la pratique ne doit susciter aucun effort ni gêne chez l’opérateur.

Fig. 2 [L’appareil touriste portatif selon Léon Vidal] Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 130.

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Paris, Société française de photographie.

Pourtant, dans ces années où Vidal réfléchit à l’appareil pour touriste, à l’heure des concours encadrés par la SFP et le ministère, de nombreuses photographies de contrées lointaines ont déjà été produites, notamment liées à la tradition des voyages photographiques en Orient20. Ces mobilités existent depuis les débuts du médium, avec les daguerréotypistes voyageurs comme Horace Vernet, Maxime Du Camp ou Jules Itier. Cependant cette tradition ne recoupe pas tout à fait les aspirations du ministère et des explorateurs qu’il missionne. Les héritières des excursions daguerriennes impliquent des amateurs qui présentent un appétit pour cette pratique et disposent d’un confort technique de préparation, comme Paul Champion qui circule en Extrême-Orient au milieu des années 186021 ou plus tard Hugues Krafft au Japon22. La réalisation de photographies constitue l’un des buts principaux de leur déplacement, et leurs images pittoresques et exotiques circulent dans des réseaux commerciaux. S’en distinguent les expéditions lointaines de voyageurs pour qui la photographie n’est pas la préoccupation principale, qui se déplacent dans des conditions difficiles et dont les images sont moins destinées à la commercialisation ou à la démonstration d’un haut savoir-faire technicien qu’à la constitution d’une documentation scientifique ou de souvenirs intimes. Ces derniers ne revendiquent aucune expertise en matière de photographie : leur pratique relève moins d’un goût personnel que d’une quasi-obligation institutionnelle.

1874-1880 : des explorateurs livrés à eux-mêmes ?

Les voyageurs missionnés par le ministère, qui peuvent appartenir à des groupes bien étudiés comme les archéologues23, ont donc à leur disposition des appareils conçus pour opérer lors d’excursions de courte durée, dans un milieu climatique et un environnement technique européens. Quand bien même certains reçoivent une formation minimale en photographie ou s’intéressent à cette pratique avant le départ, ils ne peuvent que difficilement se préparer à la situation de voyage dans laquelle ils se lancent, sinon en se renseignant auprès de leurs pairs, par exemple à l’occasion de séances à la Société de géographie. Les récits publiés d’exploration comme les journaux tenus au cours du voyage contiennent peu de précisions quant au matériel et aux adaptations employées : cette narration technique ne fait partie ni des lieux communs de l’exploration, ni des pratiques scientifiques normées dont la description est attendue dans ces types d’écrits. Pour comprendre aujourd’hui ce qu’il en était de la photographie dans ces expéditions, les dossiers personnels de l’Instruction publique recèlent parfois plus d’informations, mais celles-ci restent parcellaires car le matériel n’est pas inscrit régulièrement dans le budget des missions ; il est plus souvent l’objet d’achats individuels qui laissent peu de traces. Cependant, en recoupant un grand nombre de cas, en puisant dans les correspondances des explorateurs avec le ministère et les sociétés savantes et en comparant avec le matériel d’excursion disponible à l’époque, il est possible de dessiner les évolutions de l’outillage photographique à la disposition du voyageur extra-européen dans ces années 1870-1880.

Les explorateurs optent pour des chambres de campagne, au détriment des appareils dits de poche comme le scénographe d’Ernest Candèze ou les appareils touristes de Jules Fleury-Hermagis, qui ne peuvent résister aux chaos du voyage. Certains choix sont mieux renseignés que d’autres. Dans une lettre d’août 1877 qu’il adresse au président de la Société de géographie24, Victor Largeau dit s’entraîner au maniement d’une chambre noire Dubroni dotée d’un châssis-laboratoire lors de son passage à Ouargla dans le Sud algérien, en prévision d’une expédition vers le Niger. Largeau adapte son choix à son projet puisqu’il a recours à un appareil non seulement pensé pour opérer en extérieur loin du laboratoire, mais qui supprime l’inconvénient de la tente photographique [Fig. 3a ; 3b]. C’est donc « le seul possible en été dans le Sahara ». Le fabricant confirme d’ailleurs son intérêt pour la question en proposant l’année du départ de Largeau un nouveau modèle pour collodion sec, le stéréographe, « précieux pour les reconnaissances militaires, les voyages d’exploration25 ». D’autres voyageurs demandent à un opticien d’adapter la chambre en vue de leur déplacement. Victor Giraud s’adresse ainsi au constructeur parisien Puech en 1883 pour « installer » son appareil, qui emploie des plaques préparées au gélatino-bromure d’argent : ce sera, selon l’intéressé, « le premier de son espèce [à] arriv[er] intact sur le Tanganika26 ».

Fig. 3a Le stéréographe Dubroni dans Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 132.

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Paris, Société française de photographie.

Fig. 3b Le stéréographe Dubroni dans Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 133.

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Paris, Société française de photographie.

La plupart des explorateurs sont moins prévoyants. Ils voyagent avec un matériel lourd et encombrant qui ne permet pas une grande souplesse. Alfred Marche en 1873 sur le lac Isinga27 ou Jules Harmand en 1877 autour d’Angkor28 réservent chacun une barque entière au déplacement de leur bagage photographique. Xavier Brau de Saint-Pol Lias en 1880 en Malaisie parle d’une « malle à réserves photographiques, qui pèse plus de cent kilos29 ». Le volume s’explique par le procédé, le collodion humide comme sec nécessitant d’emporter de nombreux instruments destinés dans le premier cas à la préparation et au développement des plaques négatives en cours de route, dans le second surtout au développement. Châssis, égouttoirs, lave-clichés, cuvettes en carton durci, éprouvettes graduées, flacons destinés à préparer les solutions de développement composent ce fourmillement d’objets. L’un des éléments les plus volumineux est la tente chambre noire, dont l’installation peut entraîner des opérations de défrichement en forêt tropicale. Même après la généralisation de la gélatine au début des années 1880, la tente fait partie de l’attirail des voyageurs désireux d’effectuer des développements sur place, comme Lionel Dècle qui, en 1892, manque de s’évanouir en pleine opération en Afrique centrale sous l’effet combiné des effluves chimiques et de la fièvre30. À tout cela s’ajoutent les précieuses plaques négatives en verre transportées par plusieurs centaines, objets de toutes les peurs et attentions. Elles sont conservées par deux ou trois douzaines dans des boîtes en bois pouvant être regroupées dans des boîtes en zinc d’abord soudées puis obturées par des bandes de sparadrap après utilisation31.

Sur le terrain de l’exploration, le passage du collodion au gélatino-bromure se fait avec un léger décalage par rapport à la période 1878-1882 retenue pour dater cette transition technique en Europe32. Giraud en 1883 est l’un des premiers à employer le nouveau procédé en expédition. Dans son récit de voyage publié en 1890, il suggère que le voyageur achète des plaques préparées avec une couche gélatinée qui ne soit pas trop sensible, celui-ci n’étant pas assuré de trouver un laboratoire de fortune suffisamment opaque pour développer des plaques de grande sensibilité comme les instantanées. Le risque de voile étant plus grand, on doit aussi redoubler d’attention concernant leur conservation hermétique avant et après leur utilisation. Malgré ces inconvénients, ce procédé se généralise dans les années suivantes parce qu’il permet de réduire les prérequis techniques exigés des voyageurs en éliminant les opérations de sensibilisation en amont de la prise de vue et en retardant le moment possible du développement.

Cependant, certains fabricants ont pu contester cette domination uniforme de la gélatine. En 1889, le constructeur Fleury-Hermagis déplore les faibles moissons photographiques des explorateurs et propose d’y remédier par le retour à un procédé laissé de côté, le collodio-bromure breveté par Alfred Chardon en 1875 et vainqueur au concours de la SFP la même année33. Son premier argument est la rapidité de séchage de ce collodion, qui élimine les problèmes liés aux dépôts de poussières et aux attaques d’insectes friands de gélatine après le développement. Ce procédé facilite aussi le transfert de l’image sur support souple, ce qui signifie un éventuel réemploi des glaces pour réaliser de nouveaux négatifs, donc un allégement conséquent du bagage. Derrière une motivation en partie nationaliste, puisqu’il défend un procédé français contre la suprématie de la gélatine anglaise, Fleury-Hermagis propose une fusion du collodio-bromure avec le gélatino-bromure en un troisième procédé plus adapté au contexte d’expédition lointaine. Il suggère ainsi un remploi pragmatique d’une technique qui n’est alors plus dominante en France. Il est possible d’assimiler cette idée à une forme de « créolisation » de la technique photographique, pour reprendre l’expression de David Edgerton qui désigne ainsi le transfert dans l’espace extra-européen de procédés anciens pouvant être perçus comme dépassés en métropole, afin d’écrire une histoire des techniques plus différenciée géographiquement34. L’idée de Fleury-Hermagis n’est pourtant jamais appliquée, les plaques gélatinées industrielles dominant déjà largement le marché.

1890-1900 : l’exploration photographique en quête d’innovations

À partir des années 1890, le marché de la photographie dans les territoires sous domination coloniale s’élargit. Cette évolution est liée, d’une part à l’apparition de nouveaux modèles compacts et métalliques de ce que l’on n’appelle presque plus chambre mais plutôt appareil photographique, d’autre part à l’expansion coloniale française qui s’accompagne de flux humains vers les nouvelles possessions. Dans ces mêmes années, avec la diminution des territoires méconnus, la figure de l’explorateur achève de se transformer, passant du voyageur qui découvre à celui qui observe35. Parallèlement à cette modification du sens du terme « exploration », la photographie d’expédition extra-européenne s’affirme comme un thème régulier des revues de photographes amateurs ou de voyage aussi parce qu’elle constitue un nouveau marché pour les fabricants qui mobilisent souvent l’explorateur photographe comme argument publicitaire. Cette figure représente en effet un horizon de pratiques pour la catégorie plus large des colons circulant dans leur nouvelle région de résidence. L’expédition au long cours effectuée dans des conditions précaires devient alors une mobilité de référence.

Un corpus de textes prescriptifs des années 1890-1900 conseillant les voyageurs permet d’abord de saisir les choix techniques qui s’offrent à ces derniers, adaptés aux conditions particulières de l’exploration. Il témoigne ensuite d’une lutte interne au monde photographique pour la définition de ce qu’est un bon voyageur photographe amateur. Une meilleure connaissance du contexte opérationnel et climatique propre aux expéditions extra-européennes amène en fait ces chroniqueurs à se placer dans un référentiel différent de celui envisagé par leurs prédécesseurs des années 1870-1880. Ils utilisent plusieurs sources pour opérer ce déplacement : les propos d’explorateurs racontant leurs avaries, des tests réalisés en laboratoire ou sur le terrain, enfin leurs connaissances techniques qui assouplissent leur point de vue.

Ces auteurs peuvent être répartis en deux groupes. D’un côté, des hommes insérés dans les réseaux photographiques français et européens, qui s’ouvrent à d’autres communautés savantes. C’est le cas de Londe et d’Alphonse Davanne, président de la SFP à l’origine des concours de 1875 et 1877, dont la définition du lointain évolue avec le temps36. Ce sont aussi les Belges Arthur Nyst et René Rousseau, le premier synthétisant les résultats d’une enquête sur la photographie au Congo en 1896 auprès des membres de l’Association belge de photographie37, le second livrant en 1902 une série d’articles consacrés à la photographie sous l’Équateur dans les Archives de photographie38. Frédéric Dillaye occupe quant à lui une fonction de vulgarisateur de la technique photographique dans plusieurs revues de voyage, faisant la jonction entre les deux mondes39. L’autre groupe est composé de voyageurs qui écrivent à partir de leur expérience personnelle. Alexandre Le Mée, par exemple, a participé à plusieurs missions militaires en territoires coloniaux, tandis que L.-J. Bunel a circulé en Indochine : chacun publie un ouvrage sur la question de la photographie d’expédition chez le même éditeur, Charles Mendel40.

Sous ces plumes, à côté de points qui font l’unanimité comme la question des objectifs à emporter ou la nécessité d’un pied, certaines innovations métropolitaines concernant la conception des appareils sont débattues dans le nouveau référentiel. Ainsi du choix du matériau, entre le bois et le métal. Tous les auteurs admettent que les chambres en bois peuvent présenter de graves déformations lorsqu’elles sont soumises à des variations climatiques considérables. Pourtant, bien vernies, passées à l’antiseptique, ou encore construites en bois exotique, elles résistent à la chaleur et aux insectes. L’argument définitif en faveur du bois pour les longs voyages est la possibilité de le réparer à l’aide d’outils simples de menuisier. Le métal au contraire, même s’il résiste aux hautes températures, craint le moindre coup violent et ne peut être facilement rafistolé en chemin. Cependant Davanne le défend, indiquant les succès du photosphère de la Compagnie générale de photographie [Fig. 4] et de la photo-jumelle de Jules Carpentier. Outre la compacité de ces appareils, son argument est celui de l’expérience : de nombreux explorateurs en ont obtenu de bons résultats. Le tout est donc de prendre soin de son matériel.

Fig. 4. Appareil de photographie instantanée, le Photosphère, gravure de Poyet, La Nature, vol. XIX/1, no 916, 1891, p. 40.

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Cnum - Conservatoire numérique des Arts et Métiers.

Si certaines innovations font ainsi l’objet de débats, d’autres sont rejetées plus catégoriquement. Dans les années 1890, la pellicule est considérée comme une bonne alternative pour l’explorateur du fait de l’allègement du bagage qu’elle entraîne. Cependant, Londe note sa forte altérabilité en milieu tropical. Pour sa part, Dillaye critique la fragilité des mécanismes à rouleaux de ses châssis. Dans les années 1900, le rejet de la pellicule se renforce. Si Le Mée en reconnaît les qualités – faible volume et poids, manipulation facile en plein jour, résistance au halo sur la face postérieure qui détériore les plaques de verre –, aucune ne compense le « défaut capital » qu’est la difficile conservation du celluloïd ou de la cellulose amorphe dans un contexte de fortes variations de températures. Or, l’inaltérabilité du support est plus importante que sa légèreté ou sa solidité. Il est finalement plus aisé de préserver les plaques des chocs que d’empêcher la réaction chimique des pellicules. Le Mée appelle donc à en « faire son deuil ». Sur le terrain, une scission géographique s’opère dans ces mêmes années : les voyageurs qui circulent en Afrique subsaharienne continuent d’employer majoritairement des plaques, tandis que les missions en Asie centrale ou orientale adoptent plus facilement les pellicules.

Enfin certains auteurs suggèrent des réemplois pragmatiques de techniques pour de nouveaux usages dans le contexte de l’exploration coloniale. Ainsi du procédé de formolisation développé par le chimiste Émile Mussat. D’abord proposé comme solution au problème général du détachement de la membrane gélatineuse de son support, pour renforcer les épreuves, ce traitement des plaques au formol est ensuite valorisé par son concepteur précisément pour « les explorateurs qui parcourent les régions chaudes41 ». Appliqué au départ pour solidifier le tirage après le développement, le formol est réemployé dans un autre but – protéger la plaque négative de l’eau chaude des bains de développement – et à une autre étape de l’acte photographique, avant la prise de vue. Mussat modifie ainsi la fonction d’une technique afin de répondre à un problème récurrent, celui de la conservation des plaques lors d’expéditions en milieu tropical ou désertique. Cette innovation est préférée par les auteurs du corpus à la pratique courante de l’alunage, qui consiste à passer les glaces dans une solution d’alun ordinaire à 5 % avant de procéder au développement. Dans ces différents exemples, on observe donc une redistribution des catégories d’innovations, principalement due au changement de référentiel que constitue la photographie en situation d’expédition extra-européenne souvent en terrain colonial.

Les gravures publiées en 1902 dans le Globe-trotter, journal illustré consacré aux voyages d’aventures et d’exploration, illustrent sous un autre angle ces débats techniques [Fig. 5 et 6]. Ces séquences dessinées présentent deux figures d’explorateurs photographes en habits coloniaux. Alors qu’il a disposé un groupe d’indigènes pour réaliser un portrait de types, le premier voyageur se laisse surprendre par un lion parce qu’il est trop occupé à sa mise au point complexe sous le voile42. Il fait rire par sa maladresse et son inattention. Le second provoque le sourire par son inventivité et sa rapidité d’action face au crocodile : la séquence se conclut par une photographie instantanée, qui rend compte d’une péripétie du voyage43. Par un jeu de contraste, l’encombrement de la chambre et la lenteur des opérations construisent l’image négative et ridicule du premier explorateur, mis ainsi en danger face à la faune exotique ; la discrétion, la réactivité et la maniabilité de son appareil valorisent au contraire le second et lui permettent de dominer les périls de la nature. Les caricaturistes du Globe-trotter semblent donc pencher du côté d’un matériel léger en métal, et rendent en même temps compte du spectre de pratiques qui coexistent en 1902 : si pour eux la chambre à soufflet sur pied est associée à une pratique dépassée, en réalité elle est loin d’être anachronique.

Fig. 5 Une aventure au désert, Globe-trotter, no 2, 13 février 1902, p. 12.

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Paris, Bibliothèque nationale de France.

Fig. 6 Les grands pieds ont du bon, Globe-trotter, no 4, 27 février 1902, p. 12.

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Paris, Bibliothèque nationale de France.

L’élaboration continue et collective de l’appareil d’exploration témoigne d’un processus de co-construction technique. Mais elle éclaire également une lutte propre à ces années 1890 pour la définition d’une figure du voyageur amateur photographe qui passe par le matériel choisi. Réfléchissant à ces deux termes hautement polysémiques d’amateur et de voyageur, les chroniqueurs distinguent eux aussi un prisme de pratiques. Ses deux pôles sont constitués par l’explorateur photographe d’un côté, le modèle honni du touriste « kodaker » de l’autre : alors que le second se repose sur le tout automatique et ne développe plus ses clichés lui-même, le premier possède un savoir-faire technique et une débrouillardise lui permettant de produire des images de qualité. Pour affronter les dégâts que le matériel photographique peut subir par exemple lors de la traversée de régions désertiques ou bien lors de la descente de cours d’eau, dans un contexte climatique tropical ou équatorial, éloigné des points d’approvisionnement en matériel et des opticiens professionnels, l’explorateur doit avant tout savoir entretenir et réparer les composants de son appareil. Plutôt que les raffinements techniques, les chroniqueurs valorisent la capacité de bricolage. Dillaye cite pour mieux les rejeter différents designs perfectionnés de châssis permettant de numéroter et de distinguer les plaques déjà impressionnées, leur préférant un « procédé aussi ancien que simple » consistant à sceller le volet du châssis avec un morceau de papier gommé qui se déchire au moment de la pose. À ces capacités d’adaptation s’ajoute une nécessaire éducation artistique de l’œil. Dillaye en particulier défend dans les pages du Journal des Voyages une pensée exigeante de la pratique amatrice tant sur un plan technique qu’artistique44.

Ces commentateurs du tournant du siècle définissent donc comme horizon la figure du voyageur naturaliste circulant en territoire extra-européen et en contexte colonial, à la fois versé dans l’art de l’image photographique et dans les pratiques de collecte ethnographique et géographique. Son savoir-faire technique doit servir la création de documents photographiques à valeur scientifique venant légitimer le voyage.

La mobilité spécifique des voyageurs missionnés par l’État pour explorer une région extra-européenne suscite donc à partir des années 1890 une série de réflexions sur l’adaptation du matériel photographique à des conditions de prise de vue et de conservation précaires. L’attention portée à ce type de mobilité est liée d’une part au renforcement de l’encadrement étatique des missions, d’autre part aux avancées de la colonisation, et donc à l’accroissement du public d’officiers et de colons intéressés par la photographie en territoire colonial.

Si des démarches institutionnelles associant l’État et des sociétés savantes tentent de promouvoir la question de la photographie d’expédition dès les années 1870, les milieux photographiques s’en tiennent jusqu’à la fin des années 1880 à une définition du voyage comme excursion, et du lointain comme ce qui est accessible en quelques jours de marche, les excursionnistes constituant alors le gros du marché encore restreint de la photographie en extérieur. Même s’ils peuvent envisager la pratique outre-mer dans le cadre d’expéditions militaires ou scientifiques, les vulgarisateurs et les fabricants n’y associent que rarement des particularités techniques, par méconnaissance, manque d’informations et d’intérêts économiques. Les explorateurs missionnés doivent alors s’arranger avec le matériel de plein air ordinaire, aucun appareil n’étant conçu pour ce type de mobilité.

Au tournant des années 1890, le référentiel a changé : les chroniqueurs photographiques sont plus au fait des difficultés outre-mer et la clientèle dans les colonies s’est élargie. Comme pour les cyclotouristes photographes étudiés par Sara Dominici45, les demandes répétées d’amélioration par un groupe croissant de photographes amateurs, liées à une nouvelle définition de la mobilité, conduisent les fabricants et les chroniqueurs à débattre d’adaptations techniques pour élaborer collectivement et sans résultat définitif des appareils pour explorateurs. Cette émulation du tournant du siècle autour d’un large spectre de techniques retombe néanmoins dans les décennies suivantes du fait de la progressive diffusion des appareils compacts et automatiques : mis à part pour la conservation des négatifs, la technique, dorénavant, n’est plus un véritable obstacle.

1 Londe 1893b, p. 491.

2 Londe 1886, p. 98.

3 Londe 1893a, p. 450.

4 Davanne 1896, p. 300.

5 Kuklick et Kohler 1996 ; Surun 2018 ; Charpy et Jarrige 2012.

6 Ryan 2013.

7 Lerebours 1843.

8 Fizeau 1863, p. 102.

9 Anonyme 1877, p. 146.

10 Bourquin 1993, p. 104.

11 Anonyme 1876, p. 6.

12 Strens 2000.

13 Anonyme 1877, p. 147.

14 Rapport manuscrit non daté de la Commission des appareils de voyage, entré en juin 1878 dans les archives de la Société française de photographie.

15 Puyo 2006 ; Martel 1996.

16 Anonyme 1879, p. 64.

17 Vidal 1885, p. xiii.

18 Ibid., p. 6.

19 Ibid., p. 103.

20 Bustarret 1989.

21 Champion 1867, p. 13.

22 Esmein 2003.

23 Feyler 1987 ; Bustarret 1991 ; Lacoste 2011.

24 Paris, Bibliothèque nationale de France, département des cartes et plans, fonds de la Société de géographie, COLIS 6 bis, dossier 2010, Largeau à

25 Dubroni 1877.

26 Giraud 1890, p.  7.

27 Marche 1879, p. 177.

28 Paris, Archives nationales, fonds F/17 Instruction publique, dossier 2974/2, Jules Harmand à Arthur de Cumont, 19 novembre 1874.

29 Brau de Saint-Pol Lias 1883, p. 211.

30 Dècle 1898, p. 98.

31 Paris, Archives nationales, fonds F/17 Instruction publique, dossier 2979, Rapport manuscrit de Henry Labonne, février 1888.

32 Gunthert 1999, p. 224.

33 Fleury-Hermagis et Rossignol 1889, p. 10 et 84-88.

34 Edgerton 2013, p. 76‑77.

35 Venayre 2012, p. 227-229.

36 Davanne 1896.

37 Nyst 1896.

38 Rousseau 1902.

39 Dillaye 1895.

40 Le Mée 1902 ; Bunel 1907.

41 Mussat 1896, p. 262.

42 « Une aventure au désert », Globe-trotter, no 2, 13 février 1902, p. 12.

43 « Les grands pieds ont du bon », Globe-trotter, no 4, 27 février 1902, p. 12.

44 Voir la chronique consacrée à la photographie dans les voyages lointains. Frédéric Dillaye,« La photographie dans les voyages », À travers le

45 Dominici 2018.

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1885. Manuel du touriste photographe. Paris : Gauthier-Villars.

Notes

1 Londe 1893b, p. 491.

2 Londe 1886, p. 98.

3 Londe 1893a, p. 450.

4 Davanne 1896, p. 300.

5 Kuklick et Kohler 1996 ; Surun 2018 ; Charpy et Jarrige 2012.

6 Ryan 2013.

7 Lerebours 1843.

8 Fizeau 1863, p. 102.

9 Anonyme 1877, p. 146.

10 Bourquin 1993, p. 104.

11 Anonyme 1876, p. 6.

12 Strens 2000.

13 Anonyme 1877, p. 147.

14 Rapport manuscrit non daté de la Commission des appareils de voyage, entré en juin 1878 dans les archives de la Société française de photographie.

15 Puyo 2006 ; Martel 1996.

16 Anonyme 1879, p. 64.

17 Vidal 1885, p. xiii.

18 Ibid., p. 6.

19 Ibid., p. 103.

20 Bustarret 1989.

21 Champion 1867, p. 13.

22 Esmein 2003.

23 Feyler 1987 ; Bustarret 1991 ; Lacoste 2011.

24 Paris, Bibliothèque nationale de France, département des cartes et plans, fonds de la Société de géographie, COLIS 6 bis, dossier 2010, Largeau à la Roncière-Le Noury, 23 août 1877.

25 Dubroni 1877.

26 Giraud 1890, p.  7.

27 Marche 1879, p. 177.

28 Paris, Archives nationales, fonds F/17 Instruction publique, dossier 2974/2, Jules Harmand à Arthur de Cumont, 19 novembre 1874.

29 Brau de Saint-Pol Lias 1883, p. 211.

30 Dècle 1898, p. 98.

31 Paris, Archives nationales, fonds F/17 Instruction publique, dossier 2979, Rapport manuscrit de Henry Labonne, février 1888.

32 Gunthert 1999, p. 224.

33 Fleury-Hermagis et Rossignol 1889, p. 10 et 84-88.

34 Edgerton 2013, p. 76‑77.

35 Venayre 2012, p. 227-229.

36 Davanne 1896.

37 Nyst 1896.

38 Rousseau 1902.

39 Dillaye 1895.

40 Le Mée 1902 ; Bunel 1907.

41 Mussat 1896, p. 262.

42 « Une aventure au désert », Globe-trotter, no 2, 13 février 1902, p. 12.

43 « Les grands pieds ont du bon », Globe-trotter, no 4, 27 février 1902, p. 12.

44 Voir la chronique consacrée à la photographie dans les voyages lointains. Frédéric Dillaye, « La photographie dans les voyages », À travers le monde, vol. I, no 32, 10 août 1895, p. 320. Paris, Bibliothèque nationale de France.

45 Dominici 2018.

Illustrations

Fig. 1a L’appareil photographique américain de MM. Jonte et Domenech, dans Bulletin de la Société française de photographie, vol. XV, 1869, p. 135.

Fig. 1a L’appareil photographique américain de MM. Jonte et Domenech, dans Bulletin de la Société française de photographie, vol. XV, 1869, p. 135.

Paris, Société française de photographie.

Fig. 1b L’appareil photographique américain de MM. Jonte et Domenech, dans Bulletin de la Société française de photographie, vol. XV, 1869, p. 136.

Fig. 1b L’appareil photographique américain de MM. Jonte et Domenech, dans Bulletin de la Société française de photographie, vol. XV, 1869, p. 136.

Paris, Société française de photographie.

Fig. 2 [L’appareil touriste portatif selon Léon Vidal] Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 130.

Fig. 2 [L’appareil touriste portatif selon Léon Vidal] Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 130.

Paris, Société française de photographie.

Fig. 3a Le stéréographe Dubroni dans Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 132.

Fig. 3a Le stéréographe Dubroni dans Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 132.

Paris, Société française de photographie.

Fig. 3b Le stéréographe Dubroni dans Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 133.

Fig. 3b Le stéréographe Dubroni dans Léon Vidal, Manuel du touriste photographe, Première partie. Paris : Gauthier-Villars, 1885, p. 133.

Paris, Société française de photographie.

Fig. 4. Appareil de photographie instantanée, le Photosphère, gravure de Poyet, La Nature, vol. XIX/1, no 916, 1891, p. 40.

Fig. 4. Appareil de photographie instantanée, le Photosphère, gravure de Poyet, La Nature, vol. XIX/1, no 916, 1891, p. 40.

Cnum - Conservatoire numérique des Arts et Métiers.

Fig. 5 Une aventure au désert, Globe-trotter, no 2, 13 février 1902, p. 12.

Fig. 5 Une aventure au désert, Globe-trotter, no 2, 13 février 1902, p. 12.

Paris, Bibliothèque nationale de France.

Fig. 6 Les grands pieds ont du bon, Globe-trotter, no 4, 27 février 1902, p. 12.

Fig. 6 Les grands pieds ont du bon, Globe-trotter, no 4, 27 février 1902, p. 12.

Paris, Bibliothèque nationale de France.

Citer cet article

Référence papier

Pierre Guivaudon, « « L’appareil de l’explorateur n’existe pas. » », Photographica, 2 | 2021, 90-109.

Référence électronique

Pierre Guivaudon, « « L’appareil de l’explorateur n’existe pas. » », Photographica [En ligne], 2 | 2021, mis en ligne le 03 mai 2021, consulté le 14 mai 2021. URL : https://devisu.inha.fr/photographica/435

Auteur

Pierre Guivaudon

Pierre Guivaudon est doctorant en histoire contemporaine à l’université de Lille – ED SHS 473 – IRHIS. Sa thèse, menée sous la direction d’Isabelle Surun, porte sur la production, la circulation et les usages des photographies prises lors d’expéditions parrainées par le ministère de l’Instruction publique, des années 1870 aux années 1900. Il a participé en 2019 à un projet de valorisation des fonds de positifs de projection de la Société de géographie conservés à la Bibliothèque nationale de France, dans le cadre de la bourse de recherche Louis Roederer pour la photographie.