Couverture de Photographica 3

3 | 2021
Histoires-monde de la photographie

World Histories of photography

Troisième numéro de la revue Photographica, « Histoires-monde de la photographie » présente un dossier dédié à l’histoire des réseaux d’échanges et de circulation du médium photographique ainsi qu’à l’histoire de sa géographie, avec une attention toute particulière portée sur les « autres histoires de la photographie », en dehors de l’Europe et de l’Amérique du Nord (mais souvent en relation avec celles-ci). Quelles histoires mondiales/mondialisées pour le phénomène photographique ? En quoi des micro-histoires connectées ou des enquêtes à l’échelle d’un photographe, d’une ville, d’une publication, etc., – donc à une échelle réduite – peuvent « faire monde » et permettre de mieux connaître la production et les circulations des photographies en dehors des zones géographiques les plus repérées de l’histoire du médium ?

Avec ces interrogations méthodologiques et historiographiques en toile de fond, ce numéro s’ouvre sur la traduction inédite d’un texte fondateur de l’anthropologue Deborah Poole autour de la notion d’économie des images, tiré de Vision, Race and Modernity (Princeton University Press, 1997). Il propose ensuite quatre études de cas révélatrices : un essai d’histoire spatialisée d’Alexandra de Heering sur les studios de la ville indienne de Coimbatore, un texte d’Annabelle Lacour sur les pratiques photographiques des souverains dans l’Asie de la fin du xixe siècle, un article d’Ece Zerman sur la circulation d’un modèle photographique dans la presse illustrée de l’Empire Ottoman, et un article de Margaux Lavernhe sur le photographe James Barnor en « passeur de couleur » entre le Ghana et l’Europe. Viennent compléter et enrichir ce dossier thématique une page à propos d’un portrait de l’impératrice chinoise Cixi dans « un numéro, une image », la rubrique « Source » consacrée à la revue quadrilingue Camera Obscura, ainsi qu’un entretien avec Nicole Starosielski, historienne porteuse d’un projet sur l’histoire des réseaux et câbles sous-marins.

The third issue of the journal Photographica, “Histoires-monde de la photographie” (World Histories of Photography) presents a dossier dedicated to the history of both the networks of photographic exchange and circulation as well as its geography with a particular focus on “photography’s other histories,” outside of Europe and North America (but often in relation to them). What are the global/globalized histories of the photographic phenomenon? In what ways can micro-histories or investigations on the scale of an individual photographer, a city, a publication, etc. - thus on a reduced scale – “connect worlds” and allow us to better understand the production and circulation of photographs outside of the most commonly identified geographical areas in the history of the medium?

Against the backdrop of these methodological and historiographical questions, this issue opens with an original and hitherto unpublished translation of a seminal text by anthropologist Deborah Poole on the notion of the economy of images, taken from Vision, Race and Modernity (Princeton University Press, 1997). It then offers four revealing case studies: a spatialized history essay by Alexandra de Heering on studios in the Indian city of Coimbatore, a text by Annabelle Lacour on the photographic practices of rulers in late nineteenth-century Asia, a contribution by Ece Zerman on the circulation of a photographic model in the illustrated press of the Ottoman Empire, and an article by Margaux Lavernhe on the photographer James Barnor as a "transmitter of color" between Ghana and Europe. This thematic dossier is completed and enriched by a brief study of a portrait of the Chinese empress Cixi in “An Issue, An Image,” a contribution on the quadrilingual journal Camera Obscura in the “Source” section, as well as an interview with Nicole Starosielski, an historian in charge of a project on the history of submarine networks and cables.

ISBN 979-10-351-0661-4