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Derrière l’image

4 | 2022
Derrière l’image

Behind the picture


Le numéro 4 de Photographica propose de définir la notion de « productrices/producteurs de photographies », afin de prendre en compte des individus jusque-là peu considérés dans l’historiographie des images photographiques, alors même qu’ils participent pleinement à leur fabrique et à leur diffusion. Se plaçant « derrière l’image » plutôt que devant elle (Didi-Huberman, 1990), les contributrices et contributeurs du numéro analysent ainsi la façon dont les rapports de coopération, les luttes et les négociations, modèlent les photographies mises en circulation (Philippe Artières à partir d’un Objet de grève de Jean-Luc Moulène, Nicole Hudgins au prisme du genre des métiers de la colorisation des photographies au xixe siècle, Marlène Van de Casteele étudiant les revendications auctoriales des employé.e.s du Vogue américain autour de 1940). Sous l’angle de l’histoire du travail, cette focale permet aussi d’envisager les espaces où se tissent les rapports des productrices et producteurs de photographies (la photothèque Hachette par Sylvie Gabriel, l’agence Roger-Viollet dans un entretien avec Delphine Desveaux). Parallèlement, cette notion conduit à reconsidérer la figure du photographe, lorsqu’il s’engage dans la gestion et la diffusion de ses images (Marie Durand et Anaïs Mauuarin, Agnès Devictor et Shahriar Khonsari). De cette façon, c’est le champ des objets photographiques offerts à l’analyse qui s’élargit, notamment à la photographie industrielle et commerciale. Généralement peu contextualisé, ce type d’images peut ainsi être situé dans une histoire sociale, économique et culturelle (Anne-Céline Callens), que les archives des conseillères sociales du travail, présentées par Chloé Goualc’h, pourront contribuer à étayer.

Photographica’s 4th issue strives to define the field of “photographic producers,” mobilizing individuals too often understudied in photographic historiography despite their crucial role in the making and disseminating of photographic images. Embracing a perspective concerned with what can be found “behind the picture” rather than on its surface (Didi-Huberman, 1990), contributions in the issue analyze how collaborations, struggles and negotiations underlay and shape the images that circulate, from Philippe Artières’s reading of Objet de grève by Jean-Luc Moulène to Nicole Hudgins’s deconstruction of gender dynamics in the 19th century hand-tinting industry, and Marlène Van de Casteele’s examination of contests over authorship inVogue’s collaborative productions of the 1940s. Where the history of labor is concerned, light is shed on the space(s) in which power relations between these actors unfold behind-the-scene: the Hachette photolibrary is explored by Sylvie Gabriel, the Roger-Viollet photo-agency in a conversation with Delphine Desveaux. The thematic focus also makes it possible to reconsider the photographer figure, when issues over the management and distribution of large corpuses arise, as in the articles by Marie Durand and Anaïs Mauuarin, or Agnès Devictor and Shahriar Khonsari. In the same breath, the research objects constituting “the photographic sphere” are considered broadly, to encompass industrial and commercial photographs. Generally poorly contextualized, these are resituated within social, economic and cultural histories by Anne-Céline Callens, and in Chloé Goualc’h’s presentation of the archives of social workers. Altogether, these pieces contribute to open new conversations around photographs’ production.


Couverture de Photographica 3

3 | 2021
Histoires-monde de la photographie

World Histories of photography


Troisième numéro de la revue Photographica, « Histoires-monde de la photographie » présente un dossier dédié à l’histoire des réseaux d’échanges et de circulation du médium photographique ainsi qu’à l’histoire de sa géographie, avec une attention toute particulière portée sur les « autres histoires de la photographie », en dehors de l’Europe et de l’Amérique du Nord (mais souvent en relation avec celles-ci). Quelles histoires mondiales/mondialisées pour le phénomène photographique ? En quoi des micro-histoires connectées ou des enquêtes à l’échelle d’un photographe, d’une ville, d’une publication, etc., – donc à une échelle réduite – peuvent « faire monde » et permettre de mieux connaître la production et les circulations des photographies en dehors des zones géographiques les plus repérées de l’histoire du médium ?

Avec ces interrogations méthodologiques et historiographiques en toile de fond, ce numéro s’ouvre sur la traduction inédite d’un texte fondateur de l’anthropologue Deborah Poole autour de la notion d’économie des images, tiré de Vision, Race and Modernity (Princeton University Press, 1997). Il propose ensuite quatre études de cas révélatrices : un essai d’histoire spatialisée d’Alexandra de Heering sur les studios de la ville indienne de Coimbatore, un texte d’Annabelle Lacour sur les pratiques photographiques des souverains dans l’Asie de la fin du xixe siècle, un article d’Ece Zerman sur la circulation d’un modèle photographique dans la presse illustrée de l’Empire Ottoman, et un article de Margaux Lavernhe sur le photographe James Barnor en « passeur de couleur » entre le Ghana et l’Europe. Viennent compléter et enrichir ce dossier thématique une page à propos d’un portrait de l’impératrice chinoise Cixi dans « un numéro, une image », la rubrique « Source » consacrée à la revue quadrilingue Camera Obscura, ainsi qu’un entretien avec Nicole Starosielski, historienne porteuse d’un projet sur l’histoire des réseaux et câbles sous-marins.

The third issue of the journal Photographica, “Histoires-monde de la photographie” (World Histories of Photography) presents a dossier dedicated to the history of both the networks of photographic exchange and circulation as well as its geography with a particular focus on “photography’s other histories,” outside of Europe and North America (but often in relation to them). What are the global/globalized histories of the photographic phenomenon? In what ways can micro-histories or investigations on the scale of an individual photographer, a city, a publication, etc. - thus on a reduced scale – “connect worlds” and allow us to better understand the production and circulation of photographs outside of the most commonly identified geographical areas in the history of the medium?

Against the backdrop of these methodological and historiographical questions, this issue opens with an original and hitherto unpublished translation of a seminal text by anthropologist Deborah Poole on the notion of the economy of images, taken from Vision, Race and Modernity (Princeton University Press, 1997). It then offers four revealing case studies: a spatialized history essay by Alexandra de Heering on studios in the Indian city of Coimbatore, a text by Annabelle Lacour on the photographic practices of rulers in late nineteenth-century Asia, a contribution by Ece Zerman on the circulation of a photographic model in the illustrated press of the Ottoman Empire, and an article by Margaux Lavernhe on the photographer James Barnor as a "transmitter of color" between Ghana and Europe. This thematic dossier is completed and enriched by a brief study of a portrait of the Chinese empress Cixi in “An Issue, An Image,” a contribution on the quadrilingual journal Camera Obscura in the “Source” section, as well as an interview with Nicole Starosielski, an historian in charge of a project on the history of submarine networks and cables.


Couverture de Photographica 2

2 | 2021
Hors les murs : photographes et studios mobiles

Out of the Studio: Photographers and Mobile Studios


« Hors les murs. Photographes et studios mobiles » est le deuxième numéro de la revue Photographica. Centré autour d’un dossier thématique, il aborde l’histoire des photographes ambulants et de leurs pratiques, ainsi que du matériel lié à ces circulations, aux XIXe et XXe siècles. Si les ateliers et studios sédentaires ont fait l’objet de recherches historiques et d’expositions, la mobilité des photographes professionnels hors du studio a été moins explorée. À travers cinq articles de fond, ce numéro propose plusieurs études qui font émerger une histoire matérielle et visuelle des opérateurs itinérants : on y trouvera ainsi un essai sur les photographes allemands en Suède dans les années 1840-1850, l’étude d’une femme photographe itinérante dans la France du XIXe siècle, une réflexion sur le matériel photographique des explorateurs, un texte sur les photographes parisiens du dehors, ou encore un article sur la querelle des photo-filmeurs dans l’après-guerre. Éclairages complémentaires, la rubrique « source » traite ici des brevets d’inventeurs liés à la photographie portative, tandis qu’un entretien avec le cinéaste Hu Wei vient creuser la contemporanéité de ces pratiques. En varia, on pourra suivre l’histoire d’un modèle photographié par Man Ray et Picasso, et dont l’histoire est aujourd’hui redécouverte.

“Out of the Studio: Photographers and Mobile Studios” is the second issue of the journal Photographica. Centered around a thematic dossier, it deals with the history of itinerant photographers and their practices, as well as with the equipment linked to these circulations, in the 19th and 20th centuries. While sedentary studios have been the subject of historical research and exhibitions, the mobility of professional photographers outside the studio has been less explored. Through five in-depth articles, this issue proposes several studies that bring to light a material and visual history of itinerant operators: an essay on German photographers in Sweden in the 1840s and 1850s, a study of a female itinerant photographer in nineteenth-century France, a reflection on the photographic equipment of explorers, a text on Parisian photographers outside the studio, and an article on tensions and conflicts surrounding “photo-filmeurs” in the postwar era. In addition, the “source” section deals with inventors’ patents related to portable photography, while an interview with the filmmaker Hu Wei explores the contemporary nature of these practices. In the Varia rubric, we follow the story of a model photographed by Man Ray and Picasso, named Adrienne Fidelin, whose role and trajectory is now being rediscovered.


Couverture de Photographica, n°1

1 | 2020
Patrimoines photographiques, matière de l'histoire

Photographic inheritances: a matter of history


Le sommaire du premier numéro de la revue Photographica est en grande partie issu du colloque « Patrimoines photographiques : histoires, ethnologies, émotions », organisé par la Société française de Photographie, qui s’est tenu à Paris les 7 et 8 novembre 2019. Le dossier de ce numéro, « Patrimoines photographiques, matière de l'histoire », présente six articles de chercheuses et chercheurs qui interrogent ce que nous entendons aujourd'hui par la notion de patrimoine photographique, entre histoires de la photographie familiale, médicale, scientifique et politique des archives. Il est prolongé par l’édition d’une source sur les archives audiovisuelles et leur définition dans les années 1970, et par deux entretiens, le premier sur les liens entre patrimoines photographique et cinématographique, le second sur le rapport de quelques artistes contemporains aux images. Ces patrimoines photographiques sont ici traités comme une véritable « matière » de l’histoire et pour les historiens.

The summary of the first issue of the journal Photographica is largely the result of the symposium "Photographic Heritage: Histories, Ethnologies, Emotions", organized by the Société française de photographie, and which was held in Paris on November 7th and 8th, 2019. The dossier of this issue, "Patrimoines photographiques, matière de l'histoire", presents six essays by researchers who question what we mean today by the notion of photographic heritage, between histories of family, medical, or scientific photography and the political character of visual archives. It is extended by the publication of a source on audiovisual archives and their definition in the 1970s, and by two interviews, the first on the links between photographic and cinematographic heritage, the second on the relationship of some contemporary artists to images. These photographic heritages are treated here as a real "matter" of history and for historians.