La photographie comme instrument de mesure : Rudolf Martin et la photographie anthropométrique

p. 137-141

Texte

C’est peut-être à cause de l’orientation pratique de son travail, du fait que la photographie ne fut pour lui qu’un outil et de son peu d’intérêt pour les aspects visuels du médium que l’anthropologue germano-suisse Rudolf Martin (1864-1925) fait l’objet de beaucoup moins d’études que ses prédécesseurs, Francis Galton et Alphonse Bertillon, deux autres pionniers de la photographie scientifique. Dans les pays germanophones, de 1914 aux années 1970, le Lehrbuch der Anthropologie in systematischer Darstellung de Martin fut cependant à l’anthropologie physique ce que le Gray’s Anatomy, l’œuvre du chirurgien Henry Gray parue en 1858, est à l’anatomie. Ses méthodes de photographie anthropométrique, essentiellement exposées dans cet ouvrage, connurent une vaste diffusion et s’imposèrent.

Les travaux de Martin en sciences naturelles et en philosophie l’amènent, pendant près d’une décennie, à faire de l’anthropologie physique un domaine scientifique moderne. Il en invente, révolutionne, stabilise et standardise les méthodes, les techniques, les outils et les instruments de mesure. Libéral selon les critères politiques de son temps, doté d’un esprit pratique et pragmatique, ayant une approche plus descriptive que déterministe de l’anthropologie, Martin adopte une démarche qui aura une influence capitale sur les générations suivantes d’anthropologues germanophones. Il est nommé professeur agrégé d’anthropologie à Zurich en 1899 et devient professeur des universités en 1905. Alors qu’il se consacre à l’étude scientifique des variantes humaines d’un point de vue racial, il est nommé professeur d’anthropologie à l’université de Munich en 1917. Il y restera jusqu’à la fin de ses jours.

Dans l’optique scientifique de Martin, la réalisation de photographies n’est pas une fin en soi. Il s’agit davantage d’une méthode de production de données numériques destinées à réaliser des tableaux statistiques nécessaires à l’étude des variantes humaines et raciales. Martin cherche à étudier et à identifier des groupes raciaux selon le point de vue libéral de l’époque. Toutefois, ce qu’il affirme à l’écrit s’avère parfois en contradiction avec les données visuelles qu’il emploie. Sa description de la diversité humaine, qui rejette toute notion de supériorité ou d’infériorité, voisine ainsi avec des pratiques photographiques étonnamment grossières, comme lorsqu’il juxtapose par exemple la photographie d’un enfant africain et celle d’un bébé chimpanzé. Réalisées dans les mêmes conditions d’angle de prise de vue, de distance et d’éclairage, les deux images tendent à souligner la similitude des caractéristiques crâniennes des deux êtres. Imbriquées dans l’histoire du racisme scientifique, les méthodes de Martin seront également employées sous le nazisme, par exemple pour mesurer et consigner les caractéristiques des juifs résidant dans les ghettos de Łódź ou de Tarnów.

C’est grâce à la standardisation des principaux critères de la méthode et des techniques de mesure anthropologiques dans le Lehrbuch der Anthropologie in systematischer Darstellung que Martin a acquis sa notoriété et son autorité scientifique. Il a mis près de dix ans à publier ce « Manuel d’anthropologie physique présentée de manière systématique », devenu le plus important en Allemagne au xxe siècle. Paru pour la première fois en 1914, l’ouvrage est réédité à plusieurs reprises : en 1928 à l’initiative de Stephanie Oppenheim, deuxième femme et proche collaboratrice de Martin ; en 1957-1966 par son élève et successeur Karl Saller ; puis en 1988 grâce à Rainer Knußman1. Les éditions ont été augmentées, la liste des fabricants d’instruments mise à jour et les descriptions développées, mais l’orientation pratique ou la conception anthropologique fondamentale de l’ouvrage sont restées les mêmes. La seule exception concerne l’analyse de la notion de « race » dans l’édition de Saller parue après la Seconde Guerre mondiale, où figurent des changements inspirés de la critique anthropologique culturelle de cette notion.

Les méthodes, techniques et critères de mesure de Martin ont continué à être utilisés bien après sa mort en 1925. Si son Lehrbuch n’a été traduit ni en anglais ni en français, son influence s’est élargie bien au-delà du monde germanophone au cours des décennies suivantes. L’ouvrage semble en effet avoir été beaucoup lu en France. Il est par exemple frappant que les bibliothèques du Muséum national d’histoire naturelle et du musée de l’Homme possèdent à elles deux un seul exemplaire de l’édition de 1914, sept de celle de 1928 et, de façon plus surprenante, dix-sept de celle de 1957-19662.

L’usage principal que Martin entend faire de la photographie est en phase avec les tentatives effectuées dans le dernier quart du xixe siècle de réaliser des mesures et des données scientifiques systématiques, standardisées, fiables et précises. À cet égard, Martin joue un rôle majeur et déterminant dans la transposition de méthodes anthropométriques qui, pour une large part, existaient déjà dans un autre domaine (la criminologie) et à des fins très différentes (l’identification individuelle). Il va en fait adapter ces méthodes à des objectifs anthropologiques. Dans ce but, il cherche concrètement à établir un protocole minutieux qui puisse être suivi par les praticiens de l’anthropologie et qui garantisse, à ses yeux, la production de données scientifiquement valables.

C’est dans le contexte plus large d’une croyance dans le progrès scientifique, dans la rationalité et l’internationalité que s’effectuent les efforts de Martin en matière de standardisation. Par son rôle décisif dans la professionnalisation de la discipline, il a probablement contribué au prestige scientifique de l’anthropologie physique en général et de la photographie anthropométrique en particulier, bien au-delà de ce qu’auraient pu espérer les tenants d’une supériorité blanche, aryenne ou nordique hors du champ universitaire.

Si Martin s’est servi de la photographie dans des buts variés, il s’est donc surtout préoccupé d’en faire un instrument de mesure standardisé. Il concevait l’anthropologie avant tout comme une science descriptive, dont la priorité était de rendre compte de la diversité de l’humanité. Et les connaissances scientifiques valables ne pouvaient être obtenues qu’à l’aide de méthodes de mesure soigneusement élaborées et appliquées avec précision. Les contributions de Martin à la photographie anthropométrique ne sont donc pas nées d’un intérêt particulier pour le médium, mais de conclusions plus générales auxquelles il est arrivé lors de l’un de ses premiers terrains en Terre de Feu, puis avec les peuples de l’intérieur de la Malaisie, à savoir que les mesures anthropologiques n’avaient aucune valeur scientifique en elles-mêmes si elles n’étaient pas impérativement standardisées. Ses objectifs scientifiques restèrent inchangés, mais il dut tenir compte des objections adressées par ses confrères pour progressivement modifier et affiner sa démarche.

L’intérêt que porte Martin aux techniques de mesure vient de son expérience de terrain et, singulièrement, des carences et des imprécisions que présentent celles alors en usage. Par conséquent, de 1899 à 1904, il s’efforce d’améliorer les instruments et méthodes de mesure qu’emploient les anthropologues de terrain, ainsi que leur application professionnelle, et transforme ainsi l’anthropologie contemporaine.

À l’occasion de sa conférence inaugurale de 1905 lorsqu’il est nommé professeur à l’université de Zurich, Martin présente sa position sur la discipline et explique la logique qu’il a adoptée dans l’utilisation d’instruments de mesure, comme l’appareil photographique, appliquée au travail anthropologique. Il a remarqué que, dans beaucoup de publications, les généralisations statistiques reposent sur un très petit nombre de cas. Pire, les mesures sont obtenues avec des méthodes imprécises, de sorte que même un petit échantillon manque d’exactitude. Selon la logique qui guide la conception que Martin a de la photographie, ce sont les instruments qui permettent de faire primer l’observation. Il estime que la photographie anthropométrique ne sert pas à visualiser les différences raciales, comme le voudrait souvent la conception intuitive du rôle de la photographie raciale, mais qu’il s’agit d’un outil de production de données visuelles, que l’on peut ensuite traduire en statistiques pertinentes.

Martin affirme sans relâche que les instruments doivent être précis, mais aussi bon marché et suffisamment simples à manipuler, afin d’en faciliter la diffusion. Ces considérations ont étroitement à voir, aux yeux de l’anthropologue, avec la maîtrise scientifique : « À quoi bon disposer des mesures de milliers de crânes si chaque chercheur emploie des critères et des instruments différents3 ? », demande Martin. Seule la standardisation des méthodes et des techniques permettra aux anthropologues du monde entier de partager leurs résultats au sein d’une communauté internationale de scientifiques et, par conséquent, pourra faire de l’anthropologie une science digne de ce nom. C’est précisément ce type de standardisation que vise le Lehrbuch de Martin.

L’analyse de la photographie anthropométrique que contient le Lehrbuch repose essentiellement sur un protocole technique méticuleux. Après la disparition de l’anthropologie physique comme science de la diversité humaine contemporaine, ce protocole peut sembler fastidieux aujourd’hui. Pourtant, la présentation de ses détails est indispensable à son interprétation.

En 1910, alors que Martin travaille déjà à son ouvrage, Theodor Mollison, son élève, systématise l’utilisation de la photographie appliquée à la mesure des proportions humaines4. Mollison insiste sur le fait que les clichés ne peuvent servir de mesures anthropométriques qu’à condition d’être réalisés de manière très stricte. Mais il affirme également que la photographie n’offre pas de reflet fidèle puisque, par définition, elle déforme l’objet reproduit. Il décrit différentes distorsions (Fehler) provoquées par l’angle de prise de vue, la distance et la taille de l’objet. Néanmoins, en dépit de ces déformations, le médium présente un avantage sur le matériau vivant en ce qu’il permet de maîtriser parfaitement la réalisation des mesures.

Martin intègre l’analyse de Mollison sur les distorsions inhérentes à la photographie anthropométrique dans son Lehrbuch, manuel destiné, comme l’indique son sous-titre, aux étudiants, aux médecins et aux chercheurs itinérants. Dans cet ouvrage pratique, il présente le médium comme une forme de reproduction anthropologique, qui s’ajoute au dessin (Zeichnung), à la mesure et à la description. La reproduction peut être picturale (bildlich) ou plastique, la représentation étant, par conséquent, bidimensionnelle ou corporelle (körperlich). Rares sont les dessins qui, selon lui, peuvent rivaliser avec la reproduction photographique5. L’édition de 1957 établie par Saller ouvre son analyse de la photographie par l’affirmation que, pour l’anthropologie, ce médium est un outil indispensable (unentbehrliches Hilfsmittel). La section consacrée à la photographie n’a pas été étoffée dans cette édition, mais, outre la classification raciale, elle mentionne désormais l’usage du médium pour les tests de paternité et comprend des photographies des yeux, de l’intérieur de la bouche et des gros plans de la peau6. Dans cet ouvrage, les photographies servent également à présenter la manière de procéder aux mesures, accompagnées de graphiques indiquant les points exacts où celles-ci ont été effectuées.

L’analyse très poussée de Martin n’est pas destinée au grand public. Sa méthode consiste à garantir le minimum de déformation dans les clichés, en veillant à l’angle de prise de vue adopté. Il n’est d’ailleurs pas le premier à mettre au point une méthode de ce genre. Dès la fin des années 1860, deux Britanniques, le biologiste Thomas Henry Huxley et l’anthropologue John H. Lamprey, avaient élaboré un système permettant de réaliser des mesures scientifiques directement sur les photographies, mais ces tentatives se sont avérées peu concluantes7. L’attitude de Martin à l’égard du médium n’a rien d’un réalisme naïf. Il ne croit pas l’appareil photographique capable de fournir un « reflet fidèle » de la réalité, mais note au contraire que les objets les plus éloignés du négatif paraissent plus petits. En réponse à l’analyse des déformations proposée par Mollison, Martin souligne que plus l’objet est éloigné du négatif, moins la distorsion est grande ; cependant, plus la distance est grande, plus l’image est petite. Pour être néanmoins utile à la recherche scientifique, cette dernière doit, selon lui, respecter une taille minimale, ce que permet l’utilisation d’un négatif qui soit le plus grand possible.

Martin note que peu de photographies publiées dans les ouvrages anthropologiques de son temps sont utiles sur le plan scientifique. Pour que les données soient fiables, il faut selon lui que les chercheurs indiquent la distance exacte entre l’objet et le négatif. Martin fournit à cette fin un tableau où sont consignés la taille de l’objet, sa distance par rapport à l’appareil, l’angle de prise de vue et la taille de la plaque négative. Il répertorie ensuite les modèles d’appareils et leurs fabricants, les tailles de plaques, les focales, l’ouverture et les conditions de lumière, en renvoyant, pour les détails, à un ouvrage publié en 1909 par Bertillon et André Chevrin – même s’il tient à modifier certaines spécifications de Bertillon.

Pour Martin, les meilleures photographies anthropologiques sont celles qui représentent des personnes vivantes et, de préférence, nues. Elles doivent être prises de face et de profil, ainsi que de dos si possible. Il donne des instructions précises pour leur réalisation, notamment l’angle de prise de vue, la hauteur et le regard que doit avoir la personne photographiée. Martin cherche à transposer la précision du laboratoire scientifique sur le terrain et, à cette fin, il conçoit une panoplie portable d’instruments – qui comprend également des outils de classification de la forme et de la couleur des cheveux, des yeux et des types de peau. Même en France, les anthropologues et ethnographes des années 1930 et suivantes ont l’habitude d’emporter dans leurs expéditions une « trousse Martin ».

Selon Martin, l’anthropologie traite, par définition, des groupes humains et non des individus. L’éventail des races qui composent la diversité spatiale et temporelle de l’humanité constitue un principe d’organisation qui s’impose de lui-même à cette discipline. Dès lors, la méthode anthropométrique de Martin est conçue pour l’étude des différents groupes ou races d’êtres humains et de leurs variantes. À l’inverse, Bertillon a mis au point sa méthode pour identifier des délinquants récidivistes. Malgré leurs objectifs divergents et des méthodes statistiques différentes, il est néanmoins possible de voir dans les pratiques de Martin un prolongement de celles de Bertillon.

Martin consacre beaucoup plus de pages à des descriptions pratiques de sa méthode et de sa technique – notamment à la direction du regard du sujet photographié et au fait de ne pas l’aveugler par un éclairage trop fort – qu’à une tentative épistémologique de les justifier par rapport à d’autres élaborées par ailleurs. Vers la fin de la section consacrée à la photographie, il n’analyse que brièvement les méthodes concurrentes de Wilhelm Conrad Röntgen et de Galton, manifestement pour en contester la pertinence scientifique. Le second, en particulier, a conçu une méthode qui fait de ses photographies composites des « statistiques picturales ». Mais celle-ci est beaucoup plus complexe à mettre en œuvre d’un point de vue scientifique. Il n’est donc pas fortuit que la méthode de Martin ait été beaucoup plus employée en anthropologie physique.

Dans les pays germanophones, le Lehrbuch de Martin était une source incontournable de l’enseignement universitaire et du travail de terrain. Le rôle majeur qu’a joué l’ouvrage dans les études anthropologiques effectuées sur les prisonniers de guerre des camps allemands et autrichiens de la Première Guerre mondiale n’a, par conséquent, rien d’étonnant. L’utilisation de la photographie dans ces travaux s’inspire fortement de la méthode de Martin, mais elle a aussi suscité certaines modifications dans la méthode anthropométrique par la suite8. Dans l’édition de 1957, alors que le Lehrbuch reste le principal manuel d’anthropologie en allemand, sont désormais intégrés des éléments d’analyse critique de la « race ». En revanche, la partie consacrée à la photographie ne connaît aucun changement fondamental au fil des éditions successives. Seule la liste des fabricants d’instruments est mise à jour. Les illustrations photographiques sont remplacées, mais suivant un modèle identique.

Martin ne manifeste aucune sensibilité visuelle particulière et n’est guidé par aucun concept de perception visuelle. À ses yeux, les chiffres bénéficient toujours d’une priorité analytique sur les images. Toutefois, l’importance de ses travaux réside dans l’élaboration, la standardisation et la diffusion de techniques photographiques spécifiques à des fins anthropologiques. Martin a en effet joué un rôle capital dans l’attribution d’un statut scientifique à la photographie en tant qu’instrument aveugle ou neutre. Mais c’est précisément en raison de ces caractéristiques que certains auteurs, promoteurs d’un déterminisme racial et de programmes ouvertement raciaux et politiques dans les années 1920 et 1930, se sont réclamés de l’héritage de Martin. Défendant des principes d’inégalité raciale avec beaucoup plus d’ardeur que lui, ces auteurs sont aussi bien plus sensibles aux considérations visuelles et plus raffinés dans l’utilisation des techniques photographiques au service de leurs objectifs. Après la défaite de l’Allemagne nazie, l’emploi de la photographie, en particulier scientifique, à propos de la « race » est associé, presque du jour au lendemain, à la propagande raciste à des fins politiques. Le statut du médium a changé dans ce contexte de façon beaucoup plus rapide et spectaculaire que celui des études générales sur la « race » ou celui d’autres domaines, comme les statistiques ou la génétique.

Alors que certains éléments du Lehrbuch ont continué à étayer la pratique anthropologique, parfois même jusqu’à aujourd’hui, la méthode photographique de Martin a connu un déclin beaucoup plus rapide. Son utilisation du médium était initialement associée à une tendance descriptive et non déterministe de l’anthropologie et à une vision de la politique et de la culture qualifiée à l’époque de libérale. Elle a néanmoins progressivement disparu de l’enseignement universitaire, de la pratique de terrain et des publications scientifiques, et elle n’a plus aujourd’hui que les restes humains comme objet exclusif. Au cours du long processus de pédagogie sociale et politique postérieur à la Shoah et à la décolonisation, le grand public instruit a fini par voir dans les formes photographiques adoptées par Martin les éléments d’une histoire de l’oppression, de l’inhumanité et de la violence.

1 À propos des éditions successives, voir Uwe Hoßfeld, Geschichte der biologischen Anthropologie in Deutschland. Von den Anfängen bis in die

2 <https://bibliotheques.mnhn.fr/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION> (consulté le 13 mai 2022).

3 Rudolf Martin, Anthropologie als Wissenschaft und Lehrfach : Eine akademische Antrittsrede. Jena : Fischer, 1901, p. 15.

4 Theodor Mollison, « Die Verwendung der Photographie für die Messung der Körperproportionen des Menschen », Archiv für Anthropologie, no 37, 1910, p

5 Rudolf Martin, Lehrbuch der Anthropologie, op. cit., 1957, vol. 1, p. 150.

6 Sur l’utilisation de la photographie dans les tests de paternité, voir ibid., p. 164-167.

7 Frank Spencer, « Some Notes on the Attempt to Apply Photography to Anthropometry during the Second Half of the Nineteenth Century », dans Elizabeth

8 Andrew D. Evans, « Capturing Race : Anthropology in German and Austrian Prisoner-of-war Camps During World War I », dans Eleanor M. Hight et Gary D

Notes

1 À propos des éditions successives, voir Uwe Hoßfeld, Geschichte der biologischen Anthropologie in Deutschland. Von den Anfängen bis in die Nachkriegszeit. Stuttgart : Franz Steiner, 2005, p. 182. La seconde épouse de Rudolf Martin était juive et survécut à son internement au camp de concentration de Theresiendstadt. À son sujet, voir Gretchen E. Schafft, From Racism to Genocide : Anthropology in the Third Reich. Urbana (Ill.) : University of Illinois Press, 2004, p. 227. Voir aussi Gerfried Ziegelmayer, « 100 Jahre Anthropologie in München », Würzburger medizinhistorische Mitteilungen, no 5, 1987, p. 255. L’édition révisée de 1957 est due à Karl Saller, Lehrbuch der Anthropologie. In systematischer Darstellung mit besonderer Berücksichtigung der anthropologischen Methoden. Begründet von Rudolf Martin, 4 vol. Stuttgart : Gustav Fischer, 1957. L’ouvrage original de Martin est paru sous le titre de Lehrbuch der Anthropologie in systematischer Darstellung, mit besonderer Berücksichtigung der anthropologischen Methoden für Studierende, Ärzte und Forschungsreisende. Iéna : Fischer, 1914. Sur la photographie anthropométrique de Martin dans le contexte de l’histoire de la science, voir Amos Morris-Reich, « Anthropology, Standardisation and Measurement : Rudolf Martin and Anthropometric Photography », British Journal for the History of Science, vol. 46, no 3, 2013, p. 487-516.

2 <https://bibliotheques.mnhn.fr/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION> (consulté le 13 mai 2022).

3 Rudolf Martin, Anthropologie als Wissenschaft und Lehrfach : Eine akademische Antrittsrede. Jena : Fischer, 1901, p. 15.

4 Theodor Mollison, « Die Verwendung der Photographie für die Messung der Körperproportionen des Menschen », Archiv für Anthropologie, no 37, 1910, p. 305-321.

5 Rudolf Martin, Lehrbuch der Anthropologie, op. cit., 1957, vol. 1, p. 150.

6 Sur l’utilisation de la photographie dans les tests de paternité, voir ibid., p. 164-167.

7 Frank Spencer, « Some Notes on the Attempt to Apply Photography to Anthropometry during the Second Half of the Nineteenth Century », dans Elizabeth Edwards (ed.), Anthropology and Photography, 1860-1920. New Haven (Conn.) : Yale University Press, 1994, p. 99-106.

8 Andrew D. Evans, « Capturing Race : Anthropology in German and Austrian Prisoner-of-war Camps During World War I », dans Eleanor M. Hight et Gary D. Sampson (eds), Colonialist Photography : Imag(in)ing Race and Place. Londres : Routledge, 2002. Margit Berner, « From Prisoner of War Studies to Proof of Paternity : Racial Anthropology and the Measuring of “Others” in Austria », dans Marius Turda et Paul Julian Weindling (eds), Blood and Homeland : Eugenics and Racial Nationalism in Central and Southeast Europe, 1900-1940. Budapest : Central European University Press, 2006, p. 41-54.

Citer cet article

Référence papier

Amos Morris-Reich, « La photographie comme instrument de mesure : Rudolf Martin et la photographie anthropométrique », Photographica, 5 | 2022, 137-141.

Référence électronique

Amos Morris-Reich, « La photographie comme instrument de mesure : Rudolf Martin et la photographie anthropométrique », Photographica [En ligne], 5 | 2022, mis en ligne le 26 octobre 2022, consulté le 29 novembre 2022. URL : https://devisu.inha.fr/photographica/973

Auteur

Amos Morris-Reich

Traducteur

Jean-François Cornu