« Je suis un poète clochard. Je m’attache aux fringues, mais je m’intéresse à l’histoire. »

Rencontre avec Titus, artiste collectionneur de vêtements

DOI : 10.54390/modespratiques.700

p. 34-45

Texte

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis à San Francisco, je porte un pantalon Levi’s Big E des années 1970, acheté sur place. La cravate 70’s vient d’une puce quelconque. La Croix de Taizé, qui brille, je l’ai trouvée dans une vente de charité, et les lunettes Op art on me les a offertes. »

Paris, 27 juin 2018,

Personnage atypique du paysage de la nuit parisienne, Titus est un maître de la fringue à bon marché. Fils de prolétaire, il se fait un malin plaisir de s’immiscer parmi le beau monde avec ses vêtements qui détonnent. Passionné d’uniformes et d’habits trouvés ou achetés pour pas cher, Titus chineur traîne ses gêtres à l’entrée des défilés de mode, dans des commémorations officielles ou des manifestations en tout genre. Parce qu’il aime se montrer et se faire voir.

Titus touriste1 traverse les cinq continents pour trouver de nouvelles tenues qui racontent des histoires, et porter celles qu’il a préparées et glissées dans son sac. Aux quatre coins du monde il se fait prendre en photo par des inconnus – souvent des femmes – qu’il croise et avec qui il tape la discute.

Ce portfolio est une sélection dans sa collection de photographies prises avec des appareils jetables. Titus aimerait un jour en faire un livre.

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis en militaire indien devant le Taj Mahal, j’ai tout apporté de France sauf le turban. Quelqu’un, un Indien, m’a noué le turban, c’est vraiment pas facile à faire, il était sikh je crois. La tenue je l’avais achetée chez des costumiers, en Angleterre. J’ai galéré pour arriver jusque-là, c’est interdit de se faire photographier en militaire ou en homme politique. Ils rigolent pas, j’ai dû attendre d’être seul, et j’ai fait super vite. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis Rambo sur un des lieux du tournage, en Colombie britannique, au Canada, le bled s’appelle Hope. C’est la scène où il marche sur la route. J’ai une perruque bien sûr, et j’ai à la main un duvet acheté dans une friperie de Vancouver. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis au Canada, on venait juste de passer la frontière et il y avait plein de neige au bord de la route. Je porte un survêtement militaire blanc anglais ou américain 1960-1970. Et un bonnet des Jeux olympiques d’hiver de Calgary. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis à Biarritz, sur un marché vintage, quelqu’un m’a prêté la planche pour faire plus vrai. Je porte une vraie chemise hawaïenne achetée dans une friperie à Hawaï en 2010, le short vient d’une friperie de Daytona Beach [Floride]. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis sur l’allée des baobabs à Madagascar. Pourquoi tu n’as pas choisi celle avec le chariot qui passe avec les locaux dessus ? Ça faisait photo historique. Je suis en tenue coloniale française des années 1950, casque, chemisette, short, chaussures et chaussettes trouvés en France dans une friperie ou une brocante. Le casque colo disparaît après l’indépendance, mais on s’habille comme ça jusqu’aux années 1970. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis devant le musée militaire de Tokyo, à côté de la statue hommage aux pilotes japonais, aux kamikazes. Suis habillé tout en blanc, au dernier moment j’ai mis le rond rouge, un devant et un derrière. Je savais pas comment ils allaient réagir… »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Ici je suis à Nicosie, à Chypre, suis en Français, rien d’exceptionnel, le client d’un bar normal. Tous les marins du monde ont cette tenue. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis en Norvège, à l’arrière plan l’usine d’eau lourde [oxyde de deutérium] de Telemark. Je suis en tenue d’espion norvégien, en tenue de montagne, avec ma caméra sous le bras. Pendant la Deuxième Guerre, les Nazis occupaient l’usine et un résistant norvégien envoya aux Anglais les infos sur l’usine qui leur permirent de bombarder le lieu. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis à Goa [Inde] je porte un topi [gandhi] acheté sur place, c’est un calot assez politique encore aujourd’hui. Une tenue de cérémonie, une tenue de sortie militaire, pour les réceptions, que j’ai achetée en France et que j’utilise ici pour faire le beau. Je pause avec une femme du Karnataka, en costume traditionnel, rencontrée par hasard. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis en trappeur, époque Lewis and Clark [1804 à 1806], dans les Black Hills, dans le Dakota. C’est une tenue chinée en France, les bottes sont modernes, achetées aussi en France, tout vient de chez Guerrisol, ça ne vaut rien. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis à Berlin, en activiste, manteau de cuir type soviétique. Je porte une casquette avec étoile, il y est écrit “Fortschritte”, progrès. Touriste et espion ça peut se confondre, c’est souvent la même chose sur le plan vestimentaire. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Là je suis un Hobo des années 1930-1940, dans l’Oklahoma. Tu sais ce que c’est un Hobo ? Je suis un poète clochard. Je m’attache aux fringues, mais je m’intéresse à l’histoire. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« C’est Biarritz, je porte dans une tenue japonaise, faite pour les pêcheurs, en fibre naturelle végétale. On me l’a prêtée pour que je l’essaie sur le stand. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis à Portobello pour une Gay pride, je voulais retrouver une copine lesbienne. Je porte une chemise rose pelle à tarte, une veste Liberty, un pantalon pop 70’s. J’ai fait les puces juste avant la parade. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« C’est en Norvège, je porte une veste en toile et un pantalon de montagne. Je fais le résistant norvégien. En fait il n’y a que le petit coteau qui est norvégien, le reste est acheté à Paris. Il n’y a pas vraiment de différences entre les tenues de montagne dans les différents pays. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« C’est Key West, tu vois, tout au bout de la Floride. Suis en mafioso italo-américain, en costume. C’était marrant d’être un touriste des années 1950. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis dans une mine d’or à Kalgoorlie, en Australie. C’est une tenue de mineur achetée sur place, je tiens ma gamelle et porte le casque et des guêtres, ils mettent ça là-bas pour se protéger des serpents. Le mec est prêt à descendre en bas, pour creuser. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« C’est Uluru, au milieu de l’Australie, suis en tenue d’aventurier, bronzé, en mec du coin. Le chapeau vient d’Angleterre, un peu cabossé, un truc de voyageur. Quand je voyage partout dans le monde, j’emporte un sac de 25 kilos à roulettes, c’est le maximum pour toutes les compagnies, avec dedans toutes les tenues que j’ai préparées. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« C’est le premier de l’an, suis dans une île en face de Conakry, en Guinée. Je suis en tenue de marin français, elle prend pas de place et elle me va bien, non ? C’est celle d’un officier de marine des années 1950, 100 % coton. Les locaux souvent me saluent et me prennent en photo. Les costumes me permettent de discuter avec tout un tas de gens. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis à Lesbos en Grèce, c’est le Mykonos féminin. Je porte un t-shirt “Last Hetero”. J’ai fini par intégrer un groupe de filles, j’aime bien m’intégrer au milieu. Une fois ça s’est mal passé, c’était à Barcelone. Pour Lesbos, j’avais apporté un t-shirt pour chaque jour, des t-shirt lesbiens achetés aux États-Unis. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je suis au Natal, chez les Zoulous. Cette tenue n’est pas à moi, c’est une reconstitution d’un costume zoulou faite pour des films. C’est quelqu’un que j’ai rencontré qui me l’a prêtée, il fait faire des boucliers qu’il vend aux touristes, il choisit ses peaux directement sur les vaches vivantes, pour leurs motifs. Par contre c’est une vieille fourrure de léopard, c’est interdit aujourd’hui. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« C’est pendant un festival en Angleterre, je porte un t-shirt “French and Arrogant”. J’ai un truc russe sur la tête qui m’a causé des problèmes, avec des Polonais. Je porte une cape 70’s avec du poil, un truc anglais. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Suis au Pays basque ou dans le Béarn, dans une foire aux bestiaux. J’ai des vêtements des années 1930 et je me suis fait prêter un bâton, le paysan à côté n’est pas censé le savoir. Le béret je l’ai apporté, c’est celui des chasseurs alpins, mais porté ici à la façon basque, droit, avec une pliure, à la paysanne et pas à la militaire. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« À Rosewell [Nouveau Mexique]. On voit pas ma tête à cause du casque. C’est une tenue de sport suisse, de cycliste. Le masque d’alien je l’ai acheté à Paris pour l’occasion. Je prépare toujours mes silhouettes à l’avance. »

Titus, artiste collectionneur de vêtements

Titus, artiste collectionneur de vêtements

« Je dors vraiment sur cette photo, on était arrivé au matin au Qatar, et on repartait le soir. J’ai acheté la tenue sur place, j’ai eu le temps de faire une puce pendand l’escale. J’arrivais pas à attacher le turban, il tombait tout le temps. J’ai pris l’avion comme ça… »

Notes

1  Titus touriste est le titre du film documentaire réalisé par Jean Abou. Retour au texte

Illustrations

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis à San Francisco, je porte un pantalon Levi’s Big E des années 1970, acheté sur place. La cravate 70’s vient d’une puce quelconque. La Croix de Taizé, qui brille, je l’ai trouvée dans une vente de charité, et les lunettes Op art on me les a offertes. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis en militaire indien devant le Taj Mahal, j’ai tout apporté de France sauf le turban. Quelqu’un, un Indien, m’a noué le turban, c’est vraiment pas facile à faire, il était sikh je crois. La tenue je l’avais achetée chez des costumiers, en Angleterre. J’ai galéré pour arriver jusque-là, c’est interdit de se faire photographier en militaire ou en homme politique. Ils rigolent pas, j’ai dû attendre d’être seul, et j’ai fait super vite. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis Rambo sur un des lieux du tournage, en Colombie britannique, au Canada, le bled s’appelle Hope. C’est la scène où il marche sur la route. J’ai une perruque bien sûr, et j’ai à la main un duvet acheté dans une friperie de Vancouver. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis au Canada, on venait juste de passer la frontière et il y avait plein de neige au bord de la route. Je porte un survêtement militaire blanc anglais ou américain 1960-1970. Et un bonnet des Jeux olympiques d’hiver de Calgary. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis à Biarritz, sur un marché vintage, quelqu’un m’a prêté la planche pour faire plus vrai. Je porte une vraie chemise hawaïenne achetée dans une friperie à Hawaï en 2010, le short vient d’une friperie de Daytona Beach [Floride]. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis sur l’allée des baobabs à Madagascar. Pourquoi tu n’as pas choisi celle avec le chariot qui passe avec les locaux dessus ? Ça faisait photo historique. Je suis en tenue coloniale française des années 1950, casque, chemisette, short, chaussures et chaussettes trouvés en France dans une friperie ou une brocante. Le casque colo disparaît après l’indépendance, mais on s’habille comme ça jusqu’aux années 1970. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis devant le musée militaire de Tokyo, à côté de la statue hommage aux pilotes japonais, aux kamikazes. Suis habillé tout en blanc, au dernier moment j’ai mis le rond rouge, un devant et un derrière. Je savais pas comment ils allaient réagir… »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Ici je suis à Nicosie, à Chypre, suis en Français, rien d’exceptionnel, le client d’un bar normal. Tous les marins du monde ont cette tenue. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis en Norvège, à l’arrière plan l’usine d’eau lourde [oxyde de deutérium] de Telemark. Je suis en tenue d’espion norvégien, en tenue de montagne, avec ma caméra sous le bras. Pendant la Deuxième Guerre, les Nazis occupaient l’usine et un résistant norvégien envoya aux Anglais les infos sur l’usine qui leur permirent de bombarder le lieu. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis à Goa [Inde] je porte un topi [gandhi] acheté sur place, c’est un calot assez politique encore aujourd’hui. Une tenue de cérémonie, une tenue de sortie militaire, pour les réceptions, que j’ai achetée en France et que j’utilise ici pour faire le beau. Je pause avec une femme du Karnataka, en costume traditionnel, rencontrée par hasard. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis en trappeur, époque Lewis and Clark [1804 à 1806], dans les Black Hills, dans le Dakota. C’est une tenue chinée en France, les bottes sont modernes, achetées aussi en France, tout vient de chez Guerrisol, ça ne vaut rien. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis à Berlin, en activiste, manteau de cuir type soviétique. Je porte une casquette avec étoile, il y est écrit “Fortschritte”, progrès. Touriste et espion ça peut se confondre, c’est souvent la même chose sur le plan vestimentaire. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Là je suis un Hobo des années 1930-1940, dans l’Oklahoma. Tu sais ce que c’est un Hobo ? Je suis un poète clochard. Je m’attache aux fringues, mais je m’intéresse à l’histoire. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « C’est Biarritz, je porte dans une tenue japonaise, faite pour les pêcheurs, en fibre naturelle végétale. On me l’a prêtée pour que je l’essaie sur le stand. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis à Portobello pour une Gay pride, je voulais retrouver une copine lesbienne. Je porte une chemise rose pelle à tarte, une veste Liberty, un pantalon pop 70’s. J’ai fait les puces juste avant la parade. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « C’est en Norvège, je porte une veste en toile et un pantalon de montagne. Je fais le résistant norvégien. En fait il n’y a que le petit coteau qui est norvégien, le reste est acheté à Paris. Il n’y a pas vraiment de différences entre les tenues de montagne dans les différents pays. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « C’est Key West, tu vois, tout au bout de la Floride. Suis en mafioso italo-américain, en costume. C’était marrant d’être un touriste des années 1950. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis dans une mine d’or à Kalgoorlie, en Australie. C’est une tenue de mineur achetée sur place, je tiens ma gamelle et porte le casque et des guêtres, ils mettent ça là-bas pour se protéger des serpents. Le mec est prêt à descendre en bas, pour creuser. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « C’est Uluru, au milieu de l’Australie, suis en tenue d’aventurier, bronzé, en mec du coin. Le chapeau vient d’Angleterre, un peu cabossé, un truc de voyageur. Quand je voyage partout dans le monde, j’emporte un sac de 25 kilos à roulettes, c’est le maximum pour toutes les compagnies, avec dedans toutes les tenues que j’ai préparées. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « C’est le premier de l’an, suis dans une île en face de Conakry, en Guinée. Je suis en tenue de marin français, elle prend pas de place et elle me va bien, non ? C’est celle d’un officier de marine des années 1950, 100 % coton. Les locaux souvent me saluent et me prennent en photo. Les costumes me permettent de discuter avec tout un tas de gens. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis à Lesbos en Grèce, c’est le Mykonos féminin. Je porte un t-shirt “Last Hetero”. J’ai fini par intégrer un groupe de filles, j’aime bien m’intégrer au milieu. Une fois ça s’est mal passé, c’était à Barcelone. Pour Lesbos, j’avais apporté un t-shirt pour chaque jour, des t-shirt lesbiens achetés aux États-Unis. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je suis au Natal, chez les Zoulous. Cette tenue n’est pas à moi, c’est une reconstitution d’un costume zoulou faite pour des films. C’est quelqu’un que j’ai rencontré qui me l’a prêtée, il fait faire des boucliers qu’il vend aux touristes, il choisit ses peaux directement sur les vaches vivantes, pour leurs motifs. Par contre c’est une vieille fourrure de léopard, c’est interdit aujourd’hui. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « C’est pendant un festival en Angleterre, je porte un t-shirt “French and Arrogant”. J’ai un truc russe sur la tête qui m’a causé des problèmes, avec des Polonais. Je porte une cape 70’s avec du poil, un truc anglais. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Suis au Pays basque ou dans le Béarn, dans une foire aux bestiaux. J’ai des vêtements des années 1930 et je me suis fait prêter un bâton, le paysan à côté n’est pas censé le savoir. Le béret je l’ai apporté, c’est celui des chasseurs alpins, mais porté ici à la façon basque, droit, avec une pliure, à la paysanne et pas à la militaire. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « À Rosewell [Nouveau Mexique]. On voit pas ma tête à cause du casque. C’est une tenue de sport suisse, de cycliste. Le masque d’alien je l’ai acheté à Paris pour l’occasion. Je prépare toujours mes silhouettes à l’avance. »

  • Titus, artiste collectionneur de vêtements

    Titus, artiste collectionneur de vêtements

    « Je dors vraiment sur cette photo, on était arrivé au matin au Qatar, et on repartait le soir. J’ai acheté la tenue sur place, j’ai eu le temps de faire une puce pendand l’escale. J’arrivais pas à attacher le turban, il tombait tout le temps. J’ai pris l’avion comme ça… »

Citer cet article

Référence papier

Patrice Verdière, « « Je suis un poète clochard. Je m’attache aux fringues, mais je m’intéresse à l’histoire. » », Modes pratiques, 4 | 2020, 34-45.

Référence électronique

Patrice Verdière, « « Je suis un poète clochard. Je m’attache aux fringues, mais je m’intéresse à l’histoire. » », Modes pratiques [En ligne], 4 | 2020, mis en ligne le 02 juillet 2024, consulté le 16 octobre 2026. DOI : 10.54390/modespratiques.700

Auteur

Patrice Verdière

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