Vitrine consacrée à José
Source : Perlado dans la Galerie des dons du Musée national de l’histoire de l’immigration en 2019.
Crédits : Anne Volery/MNHI/EPPPD.
À partir de 2005, dès son origine, le Musée national de l’histoire de l’immigration a souhaité intégrer une forte dimension participative dans ses projets. Il a ouvert le patrimoine national aux destins singuliers des individus et des familles qui constituent l’histoire de France, au même titre que les événements ou les relations internationales. Les personnes qui souhaitent témoigner des parcours migratoires de leur famille peuvent ainsi prendre l’attache du musée. Près d’une centaine de dons de particuliers ont ainsi intégré les collections patrimoniales, dans leur volet dit « de société » et sont conservés, à l’égal de la Joconde, dans le patrimoine national.
Dans ces ensembles composés d’objets, de documents, de photographies et d’un témoignage, se trouvent fréquemment des vêtements et des accessoires. La proposition de don s’effectue dans un dialogue entre le musée et le potentiel donateur, dans le but de préciser les informations relatives au parcours de vie, à l’histoire et au statut des objets, ainsi qu’aux implications pour les donateurs d’une cession au profit des collections nationales. Mais le choix des items demeure dans les mains du donateur, a fortiori lorsqu’il s’agit d’objets singuliers, hors des documents administratifs et des photographies de famille. Il est donc possible d’affirmer que les vêtements et accessoires du costume, au même titre que les valises ou les ustensiles liés aux boissons chaudes (théières, moulins à café…), sont des catégories d’objets particulièrement signifiantes pour celles et ceux qui conservent, transmettent et mettent en partage la mémoire intime, personnelle ou familiale.
La présente contribution n’ambitionne pas d’interpréter les ressorts psychologiques, particuliers ou collectifs, qui sous-tendent la démarche de don à un musée, mais l’expérience amène à rapprocher le musée d’un « dépôt sacré » où l’on se défait d’items qui nous sont trop chers ou trop symboliques pour être jetés ou dont on craint qu’ils ne le soient plus pour personne après soi. C’est une grande confiance qui est faite à l’institution, corollaire d’une fervente aspiration à la reconnaissance que confère l’appartenance au patrimoine national, d’autant plus prégnante lorsque l’on veut réparer la meurtrissure, l’invisibilité ou le déclassement liés à des exils contraints.
De manière empirique, les vêtements et accessoires en collection se distribuent en quatre types de témoignages, ceux relatifs à une activité professionnelle, à un engagement politique, au souvenir d’un être cher ou enfin ceux qui furent des compagnons du voyage vers la France.
Les fragments d’une présence
Disséminés parmi des fonds à la matérialité hétéroclite mais riches de sens, des étoffes et des objets portés évoquent de manière sensible la figure d’un parent auquel le donateur souhaite rendre hommage, livrant un peu de la relation qui les lie.
Les lunettes de Serge Bac
Lunettes fournies à Serge Bac pendant son emprisonnement au Stalag III-B, Allemagne, 1940-1945
Source : don d’Arnold Bac au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe Lebruman/ MNHI/EPPPD.
Ovche Bac est né en 1906 dans une famille juive de la ville de Bender, alors russe. Il arrive en France en 1928, s’établit à Paris comme ouvrier tailleur et prend le prénom de Serge. Il se marie en 1937 avec Gisèle Finkelsztejn, juive polonaise. Leur fils Abel naît en 1938. À la déclaration de guerre, Serge Bac s’engage dans la Légion étrangère. Faits prisonniers, Serge et ses camarades sont envoyés dans un camp en Allemagne, le Stalag III-B. Durant toute sa captivité, il fait partie d’un réseau de résistance interne au camp. En 1945, à l’approche de l’Armée rouge, Serge Bac et ses compagnons sont mis sur les routes et rejoignent les Russes. Après un passage dans le secteur américain, il est rapatrié en France. Quand il rentre chez lui, le 6 juin 1945, il apprend par la concierge que son fils et sa femme ont été arrêtés et déportés.
Ces lunettes font partie d’un fonds plus vaste, que le donateur a constitué autour de la première partie de la vie de son père, du traumatisme de la guerre et de la déportation, que celui-ci n’a que peu évoqué de vive voix. C’est un ensemble qui lie la richesse des sources historiques à des éléments d’une grande puissance émotionnelle, comme des photographies et des lettres. Cette paire de lunettes fait partie de ces éléments qui convoquent expérience individuelle et mémoire collective, elle rappelle à la fois l’image de Serge Bac et celle des piles de lunettes des camps d’extermination.
La taie d’oreiller parfumée de Sarah Doraghi
Taie d’oreiller et parfum Quartz de Molyneux
Source : don de Sarah Doraghi au MNHI en 2013.
Crédits : Lorenzö/MNHI/EPPPD.
Sarah Doraghi quitte Téhéran pour Paris en août 1983 à l’âge de dix ans, avec ses deux sœurs. Leur mère entend les mettre à l’abri des éventuelles conséquences de la révolution islamique de 1979. Elle-même repart pour Téhéran, et revient, une à deux fois par an, rendre visite à ses filles. Les conversations téléphoniques sont fréquentes mais difficiles, les conditions techniques ne sont pas optimales. « Entre 1983 et 1989, ma mère absente avait donc l’allure d’une taie d’oreiller. C’est par cette taie “ici présente” que je l’avais remplacée. […] Ma grande maman brune et sublime pouvait prendre n’importe quelle forme, n’importe quel aspect pourvu qu’elle porte le même parfum. Pendant six ans, j’ai parfumé cette taie avec Quartz de Molyneux, l’eau de toilette qui sentait aussi bon que ma mère. Personne n’avait le droit de la toucher ou de la laver, au grand désespoir de ma grand-mère à qui je ne cédais sur le nettoyage de la taie qu’en présence de ma mère et de son flacon de parfum… […] Voici donc ma mère 50 % coton 50 % polyester. La preuve que chez l’enfant, l’imagination et la nécessité de l’espoir s’accommodent de tout » (Sarah Doraghi, 2013).
Le béret de Ferid H
Béret de Ferid H., années 1970
Source : don de sa fille Emna au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe Lebruman/MNHI/EPPPD.
Portrait de Ferid H., années 1970
Source : don de sa fille Emna au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe Lebruman/MNHI/EPPPD.
En 1965, Ferid H. quitte sa Tunisie natale pour la France, afin d’aider sa famille, dont il est l’aîné. Accueilli par des amis, il fait des allers-retours entre les deux pays pendant plusieurs années et visite l’Europe, avant de s’établir « pour de bon » en France, détenteur d’un contrat de travail dans les Vosges. Par la suite, Ferid H. reprend des études à Paris, études qu’il est contraint d’interrompre pour reprendre une activité salariée. Il trouve un emploi à Arras, où il rencontre Claudine F., Française d’origine polonaise, avec qui il se marie et a deux enfants. En 1983, la famille décide de partir vivre en Tunisie, Ferid souhaite revoir sa famille et Claudine n’a plus d’attaches familiales en France. Il est également important pour eux que leurs enfants connaissent la culture d’origine de leur père. Emna, leur troisième enfant et initiatrice du don, naît en Tunisie. Lorsque les deux aînés quittent le pays pour suivre des études supérieures en France, la famille H. déménage de nouveau pour Lille, où Ferid et Claudine H. demeurent encore, tandis que leurs enfants ont étudié ou vécu dans différents pays.
Selon sa fille Emna H., ce couvre-chef « symbolise la tentative de se fondre dans le moule, d’être comme les Français. » Dans un tel contexte de constitution d’un fonds « hommage » par les héritiers d’un migrant, il est intéressant de noter que les objets portés, vêtements et accessoires, sont plus fréquemment investis d’une surcouche symbolique que d’autres types d’éléments.
Le châle d’Olga Froloff
Fragment de châle
Source : don de Macha Makeieff au MNHI en 2013.
Crédits : Lorenzö/MNHI/EPPPD.
« Russes blancs » proches du tsar, Georges Makeieff et Olga Froloff arrivent en France vers 1921. Ils débarquent en Corse puis s’installent à Marseille. Ils conservent le statut d’apatrides toute leur vie, ne demandent pas la nationalité française car ils espèrent rentrer un jour en Russie. « Ils aimaient beaucoup la France, ils étaient très reconnaissants, mais ils pensaient être Russes ; et si la Russie n’existait plus, eux, restaient russes. […]
C’était des gens déclassés socialement. Ils étaient déclassés parce qu’ils arrivaient d’une autre planète, avec d’autres valeurs, d’autres façons de vivre, avec un niveau de vie qu’ils avaient perdu, en contact avec une culture perdue, donc il y avait toute sorte de décalages. Même sur le plan vestimentaire ! Parce qu’ils sont restés habillés comme des aristocrates russes. » (Macha Makeieff, 2013).
Leur petite-fille, Macha Makeieff, metteuse en scène et directrice du théâtre national de La Criée de Marseille, a choisi de donner au MNHI un fragment du châle de sa grand-mère : « Couper la moitié d’une étoffe pour partager un récit et ses souvenirs. Couper dans le vif de l’authentique. Un morceau passera l’éternité dans le musée comme témoin de l’Histoire. L’autre restera le passeur de mémoire dans une transmission familiale. » Le tissu est un médium important pour Macha Makeieff dans sa relation aux autres, ancré dans l’enfance. Pour ses sept ans, sa grand-mère Olga lui offre des échantillons de soie de toutes les couleurs, rangés dans une jolie boîte. « Ce jour-là, elle m’a transmis la célébration des objets, c’était une façon de dire la beauté des choses, des choses ramenées, recueillies. Moi je l’ai vécu comme ça, comme si elle me disait : tu vois, je n’ai pas pu emporter des choses de Russie, mais c’était très beau là-bas. » (Macha Makeieff, 2013).
Le châle et la bourse de Ramona Fernandez Aguado
Châle de mariage
Source : don de Thérèse Baiget-Aguado au MNHI en 20.
Bourse de voyage en soie brodée
Source : don de Thérèse Baiget-Aguado au MNHI en 20.
Ramona Fernandez-Aguado est née le 4 août 1887 à Oliegos, dans la Province de León, en Espagne. En 1911, elle épouse Agapito Aguado qui est veuf et a déjà quatre enfants. Elle a vingt-quatre ans et son mari dix ans de plus. Ils ont ensemble huit enfants dont quatre arriveront à l’âge adulte. La vie est de plus en plus rude à Oliégos et les grands enfants commencent à quitter la famille et l’Espagne. En 1924, le couple avec ses trois enfants décide de partir à son tour. Le père obtient un permis de travail et la famille part pour Belhomer, près de Chartres. Le voyage pour s’y rendre se fait en train et ils emportent avec eux le strict nécessaire, dans une malle en bois. Les papiers et l’argent sont transportés dans une bourse confectionnée par Ramona Fernandez-Aguado qui la porte sous la jupe. Au bout de quelques années, la famille décide de rester en France et de s’installer à Toulouse où la communauté espagnole s’est énormément développée suite à la Guerre civile.
La donatrice a choisi pour évoquer sa grand-mère ces biens familiaux attestant des événements importants de la vie de sa grand-mère, précieux par leur matière, la soie, et parce qu’ils portent la marque personnelle de sa broderie. Les textiles brodés, le plus souvent en lien avec les âges de la vie, font partie des « classiques » des collections ethnographiques, mais il est rare de pouvoir les lier sans équivoque aux migrations humaines.
Le costume roumain de Dorothée Bick Dulberger
Costume traditionnel roumain, xixe siècle
Source : don de Christine H. au MNHI en 2009.
Crédits : MNHI.
Née à Odessa (actuelle Ukraine) en 1865, Dorothée Bick, se marie avec Paul Dulberger, diamantaire natif de Jassy (actuelle Roumanie), ville dans laquelle le couple s’installe et donne naissance à Zéphirine. Peu après, Dorothée et son mari, qui parle le Français, quittent le pays, fuyant probablement les pogroms. La famille s’établit à Paris en 1886.
Christine H., arrière-petite-fille de Dorothée a choisi de donner au Musée national de l’histoire de l’immigration un costume traditionnel roumain que son arrière-grand-mère avait placé dans ses bagages. : « Ce costume a toujours été chez nous dans une malle, où j’adorais fouiller quand j’étais petite car il y avait de vieux vêtements de ma grand-mère et de mon arrière-grand-mère ainsi que des gants, des éventails et autres accessoires. J’ai gardé ce costume et quelques objets d’un temps disparu, au moment où mon frère et moi nous avons dû vider l’appartement de nos parents. À la maison, on me disait toujours : ‟c’est le costume de Roumaine de ton arrière-grand-mère”. À mon avis, elle ne portait pas ce costume traditionnel, du moins une fois arrivée à Paris. Déjà, d’après les photographies prises à Odessa, on peut s’apercevoir qu’elle s’habillait de manière moderne. Pourquoi a-t-elle alors emporté ce costume ? Par attachement ? En souvenir de son pays natal perdu ? Je ne peux que me perdre en conjectures. Mais peut-être Robert Badinter dans son livre Idiss nous met-il sur la voie en nous disant que les juifs du Yiddishland abandonnaient volontiers les tenues ancestrales par désir de revanche sociale ou volonté d’intégration mais qu’ils conservaient par piété les costumes traditionnels. Est-ce le cas ? Dorothée n’est plus là pour nous le dire ! » (Christine H., 2020).
Le foulard de la grand-mère de Malik Nejmi
Foulard marocain
Source : don de Malik Nejmi au MNHI en 2013.
Crédits : Lorenzö/MNHI/EPPPD.
Malik Nejmi est né à Orléans en 1973, de parents marocains, et pratique la photographie. Durant l’été 2001, il se rend au Maroc sur les traces de son père, imprégné des images de l’album de famille et de souvenirs de ces précédents voyages avec ses parents. De ce voyage, il créé la série El Maghreb (2001-2005), acquise par le MNHI.
En 2013, sollicité par le musée pour témoigner de son parcours de vie, il fait don de trois objets : le foulard et la théière de sa grand-mère et le livre d’arabe de son père.
« Ces objets m’ont été transmis par ma grand-mère marocaine avant de mourir. […] Ces objets devenus “pauvres” car dénués de leur fonction sociale ou éducative ont ici un rôle de transmission dont l’objet est de prolonger les relations, fussent-elles fragiles, avec une famille lointaine dont le rapport aux images à caractère “occidental” a provoqué une séparation entre moi-même et mes aînés, tantes, cousins, à la suite de la réalisation de l’œuvre El Maghreb… Il s’agit donc ici au travers un travail de transmission de recréer un langage visuel propre à cette désaffection. De recréer un lien entre objet, image et langage. » (Malik Nejmi 2013).
Le chapeau et l’« imper » de José Perlado
Vitrine consacrée à José Perlado dans la Galerie des dons en 2019
Source : don de Violette Perlado au MNHI en 2018.
Crédits : Anne VOLERY/MNHI/EPPPD.
José Perlado est né en 1916 à Madrid. À la suite du coup d’État de Franco en juillet 1936, comme de nombreux jeunes ouvriers, il s’engage pour la défense de la République. Après la chute de la Catalogne, avec des centaines de milliers de républicains, José franchit la frontière française. Enrôlé dans la 33e compagnie de travailleurs espagnols, il est fait prisonnier et est déporté au camp de Mauthausen. José Perlado participe à un réseau international de résistance. Après la guerre, il s’installe à Paris et fonde une famille. Il travaille dans une usine comme ouvrier ébéniste, refusant les promotions par fidélité à la classe ouvrière. À sa demande, il obtient la nationalité française en 1956. Sa fille Violette Perlado a choisi pour le MNHI deux vêtements ayant appartenus et ayant été portés par José Perlado. Celui-ci achetait toujours ses chapeaux au même endroit, boulevard de Sébastopol. « Il mettait toujours un chapeau de ce type pour sortir. Il était très soucieux de son apparence, et allait travailler à l’usine en costume, imper et chapeau, avec sa gamelle dans une serviette en cuir » (Violette Perlado, 2018). Le deuxième vêtement est son « imper » terme qu’affectionne la donatrice car il est l’homonyme de « un père ».
Souvenirs d’une carrière
Qu’elle soit artistique, militaire ou autre, l’activité professionnelle est parfois le cœur d’une donation de parcours de vie. Cet angle est un peu plus distancié, moins personnel que la relation familiale à laquelle les objets précédents font référence, mais il permet d’ouvrir le discours tenu autour des vêtements et accessoires, de les replacer dans des thématiques centrales pour l’histoire des migrations, celles du travail, de l’armée ou encore des arts.
Le costume de danse de Schérazad
Costume de danse orientale de Kheina Lakrenche, années 1980
Source : exposition Paris-Londres au MNHI en 2019.
Crédits : Anne VOLERY/MNHI/EPPPD.
Née en 1930 en Algérie, Kheina Lakrenche arrive en France à l’âge de cinq ans. Privée d’école, elle s’échappe régulièrement du café que tiennent ses parents adoptifs et passe de longs moments chez sa voisine d’origine égyptienne qui lui fait entrevoir un autre monde, celui de la chanson arabe et de la danse orientale. Arrivée à Paris alors qu’elle n’a pas encore vingt ans, elle découvre l’univers des cabarets grâce à une amie installée dans la capitale. Fascinée par l’univers du spectacle et de la danse, elle est d’abord spectatrice avant de devenir danseuse au sein du célèbre cabaret parisien El-Djazaïr sous le nom de Schérazad. Situé au cœur du Quartier latin, ce cabaret renommé participe à l’animation des nuits parisiennes et nombre de personnalités françaises s’y pressent. Entré dans les collections du MNHI en 2012, le costume de danse de Schérazad illustre à la fois un aspect méconnu de l’histoire de la scène artistique algérienne en France, ainsi qu’un parcours atypique, reflet du lien particulier entre la France et l’Algérie.
Le pull-over de Saïd Abtout
Pull-over de la fédération algérienne de ski, années 1960
Source : don de Saïd Abtout au MNHI, 2008.
Crédits : Lorenzö/MNHI/EPPPD.
Né en 1930 en Algérie, Saïd Abtout s’engage dès ses quinze ans en politique. Fuyant le régime colonial et la misère, il arrive dans l’Hexagone en 1948. Ouvrier, il partage les luttes politiques et syndicales de part et d’autre de la Méditerranée. En 1958, en pleine guerre d’Algérie, il retourne dans son village natal de Mizrana près d’Alger, s’engage aux côtés du FLN mais son appartenance au parti communiste est mal vue. Saïd Abtout regagne la France et son poste d’employé municipal, poursuivant son engagement politique. Passionné de ski alpin, il saisit l’opportunité qui lui est donnée de créer une antenne du Parti communiste algérien dans l’Isère. À l’indépendance de l’Algérie, en 1962, il rentre dans son pays d’origine et devient directeur technique de la Fédération algérienne de ski et sports de montagne. Le pull donné au Musée national de l’histoire de l’immigration, aux côtés de photographies et de documents administratifs, est sa tenue réglementaire : « Indigène français débarqué en France en 1948 ; Algérien en 1962, j’ai emmené avec moi un peu de savoir, d’expérience professionnelle, de laïcité et de démocratie. » (Saïd Abtout, 2011).
La veste de cuisine de Rougui Dia
Portrait de Rougui Dia dans sa veste de cuisine du restaurant Petrossian, 2001
Source : don de Rougui Dia au MNHI en 2013.
Crédits : MNHI/EPPPD.
Portrait de Rougui Dia, Veste de cuisine du restaurant Petrossian, 2001
Source : don de Rougui Dia au MNHI en 2013.
Crédits : Lorenzö/MNHI/EPPPD.
Rougui Dia est née en 1976 dans une famille d’origine sénégalaise installée à Neuilly-Plaisance. Lorsqu’elle choisit d’étudier la cuisine, elle éprouve de grandes difficultés à trouver un apprentissage, puis réussit à intégrer l’école hôtelière de Villepinte et passe deux CAP, un BEP puis un bac professionnel. Elle devient par la suite second de plusieurs chefs, puis, en 2001, est embauchée dans le prestigieux restaurant Petrossian. Après avoir fait ses classes avec Christophe Conticini et Sébastien Faré, elle prend la tête des cuisines de 2005 à 2012. Elle choisit de donner au musée sa toute première veste de travail, chez Petrossian : « Cette veste c’est mon identité et c’est la seule qui a été brodée “Rougui” en bleu. Cette veste, elle est vraiment spéciale. » (Rougui Dia 2013).
La tenue de gardien de but d’Ismaël Hajji
Maillot de gardien de but de l’équipe de football des Douaniers de Casablanca (Maroc), années 1970
Source : don d’Ismaël Hajji au MNHI en 2019.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Chaussures à crampons de gardien de but de l’équipe de football des Douaniers de Casablanca (Maroc), années 1970
Source : don d’Ismaël Hajji au MNHI en 2019.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Ismaël Hajji est né le 21 décembre 1956, à Tefret, un village du sud du Maroc. Il est envoyé à Casablanca à l’âge de neuf ans, chez une tante pour suivre des études. Il interrompt sa scolarité à quinze ans : « Au début, j’ai trouvé un boulot dans une petite fabrique de peinture. Quand je ne travaillais pas, je jouais au football. Mon rêve, c’était ça. J’avais commencé en ville, avec les copains de la rue, et puis dans un club organisé. Mais à force de regarder les matchs à la télé française, j’ai eu envie d’aller en France. Quand je me suis décidé, j’avais vingt ans tout juste. Je me suis dit : “Je vais tenter ma chance, et puis si ça ne va pas, je reviens”. Finalement, je suis resté. Mais pour le sport, ça n’a pas marché comme j’imaginais. Il aurait fallu s’entraîner tout le temps. Moi, je n’avais personne derrière moi, il fallait que je gagne ma vie, alors je jouais un peu, je travaillais un peu, jusqu’à ce que j’aie atteint l’âge de vingt-cinq ans. Là, j’ai été un peu raisonnable. Pour le foot, je comprenais que c’était trop tard. Je n’ai pas vraiment pensé à rentrer. J’avais trouvé un bon travail, dans une épicerie, je savais que le salaire serait meilleur ici. Là-bas, j’aurais dû tout recommencer à zéro. »
La bague d’Arshak Mikaëlian
Bague en argent réalisée par Arshak Mikaëlian entre 1920 et 1980 à Paris
Source : don d’Audrey Mikaëlian au MNHI en 2019.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Cousins germains nés en Arménie au début du xxe siècle, Arshak et Arménée Mikaëlian sont exilés pour être mis à l’abri du génocide autour de 1920. Seuls survivants de leur famille, installés en France, ils deviennent bien des années plus tard mari et femme. Ils ouvrent un atelier de bijouterie dans la rue Bergère dans le 9e arrondissement de Paris, Arshak ne travaille que l’argent. Au sortir de la guerre, ils deviennent propriétaires d’un nouvel atelier rue Bleue, toujours dans le 9e arrondissement, au cœur du quartier arménien de Paris. Arshak Mikaëlian décède en 1981. À sa mort, chacune des trois petites filles a reçu un exemplaire d’une bague, fabriquée à partir d’une pièce de 50 centimes de francs en argent, datant de 1899. La figure de Marianne, allégorie de la République française, est bien visible sur le chaton, interprétée par la donatrice, l’une des petites-filles, comme un hommage à la République française.
Les médailles militaires d’Ohannès Mampreyan
Médailles reçues par Ohannès Mampreyan au cours de sa carrière dans la Légion étrangère,1930-1945
Source : don de Pierre Mampreyan au MNHI en 2010.
Crédits : Lorenzö/ MNHI/EPPPD.
Portrait d’Ohannès Mampreyan en tenue de légionnaire,1930-1945
Source : don de Pierre Mampreyan au MNHI en 2010.
Crédits : Lorenzö/ MNHI/EPPPD.
Né en 1912 dans une famille arménienne de Cilicie dans l’Empire ottoman, Ohannès Mampreyan est séparé de ses proches et déporté, pendant « l’Apocalypse écarlate » que constitue le génocide arménien de 1915. Retenu et placé dans un orphelinat par l’administration turque, il s’en échappe et parvient, en 1920, à gagner la Syrie. Le territoire étant placé sous mandat français, des structures sont mises en place pour permettre aux Arméniens réfugiés de se reconstruire. En 1930, il décide de s’engager dans la Légion étrangère. Incorporé dans le 1er Régiment, il intervient au Liban, en Algérie, au Maroc, au Vietnam et au Sénégal, participe au débarquement de Provence en 1944, avant d’être grièvement blessée dans la bataille du bois d’Eisenneim dans les Vosges. À sa sortie de la Légion, en 1945, il s’installe à Paris et obtient en 1947 la nationalité française.
La Croix de Lorraine de Jean Brasseur Kermadec
Écusson représentant la Croix de Lorraine, cousue sur l’uniforme de Jean Brasseur Kermadec, 1945
Source : don de Bénédicte Kermadec au MNHI en 2010.
Crédits : Lorenzö/MNHI/ EPPPD.
Jean Brasseur naît en 1914 à Verviers en Belgique. Officier de marine marchande au long cours, il est en mer lorsqu’il entend l’Appel du 18 juin prononcé par le général de Gaulle, exhortant, depuis Londres, les Français à continuer le combat face à l’Allemagne nazie. Jean Brasseur arrive en Angleterre en août 1940 et s’engage dans la Royal Navy, puis, en octobre, demande à servir dans les Forces navales françaises libres où il officie sous le pseudonyme de Kermadec comme enseigne de vaisseau « auxiliaire à titre étranger. » Devenu français en 1947, Jean Brasseur poursuit une carrière dans la Marine nationale. Il est appelé à l’État-major particulier du général de Gaulle en 1960. Il poursuit des fonctions diplomatiques à l’international, devient commandant en chef en Méditerranée et promu vice-amiral d’escadre en 1972. Compagnon de la Libération, Jean Brasseur-Kermadec, a reçu pour ses actes plusieurs décorations militaires, notamment les Croix de guerre française ainsi que la Médaille de la Résistance. Il est également grand officier de la Légion d’honneur et Grand-croix de l’Ordre national du Mérite.
Les témoins d’un engagement politique
La question politique est particulièrement présente dans les collections du musée, attestant des luttes et des débats autour de la question des migrations. Le plus souvent, elle est illustrée par des photographies et des documents – cartes d’adhérents, tracts ou affiches militantes. Dans les parcours de vie, elle recouvre parfois des formes plus inattendues.
Les objets Mapuche de Cristina Diaz Vergara
Bijou Mapuche, peuple autochtone du Chili
Source : don de Cristina Diaz Vergara au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Ceinture Mapuche, peuple autochtone du Chili
Source : don de Cristina Diaz Vergara au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Cristina Diaz Vergara est née en 1945 à Santiago du Chili. En mai, quelques mois après le coup d’État militaire du 11 septembre 1973, elle s’exile avec son compagnon et leur fille, âgée d’à peine un an. Grâce à un visa délivré par l’ambassade de France au Chili, ils sont accueillis en France et obtiennent le statut de réfugiés politiques. Cristina Diaz Vergara s’établit à Lyon comme artisan d’art avant d’entamer une carrière d’éducatrice spécialisée. Parallèlement, elle renoue avec son activité d’artisan, travaillant le cuir. Elle combine ce talent avec ses compétences d’éducatrice spécialisée auprès de jeunes confiés à la DDASS : « Je leur transmettais à la fois un savoir-faire et en même temps une ouverture aux autres cultures, et en particulier le respect des autres et le respect de notre planète » (Cristina Diaz Vergara, 2015). Pour cela, elle s’appuie sur les objets de la culture amérindienne Mapuche, qui représentent aussi pour elle un lien à son pays natal, et aux luttes politiques. Participant à diverses activités culturelles, elle contribue à faire connaître les cultures amérindiennes dans sa région.
Le badge tchèque de Sylviane Drvar
Badge portant l’inscription « Havel for president », produit en République tchèque en 1990
Source : don de Sylviane Drvar au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/ EPPPD.
Originaire de République tchèque, la famille Drvar est arrivée en France en 1933. Née en France dans les années 1950, Sylviane Drvar n’a que dix-huit ans quand en 1975, elle part à la découverte des racines familiales, dans une Tchécoslovaquie alors sous régime communiste. Elle est frappée par la chape de plomb qui pèse sur la jeunesse mais fait avec joie la connaissance de ses cousines. Sylviane Drvar retourne dans le pays à deux reprises, en 1990 et en 2005. En 2010, après une visite de la Galerie des dons, Sylviane Drvar décide de témoigner du parcours de sa famille et entreprend les recherches qui permettent de le reconstituer. Parmi un ensemble important de photographies, de documents et d’objets, elle donne au MNHI un badge ramené de son voyage de 1990, au moment des élections qui confirment Vaclav Havel au pouvoir, à la suite de la « Révolution de Velours » de novembre 1989.
Compagnons de voyage
Cette dernière catégorie est la plus évidente quand on imagine une collection d’objets racontant les migrations humaines. Mais, bien souvent, l’exil est soudain ou chaotique, les biens matériels emportés et utilisés sur la route sont réduits au strict nécessaire. Souvent usés par le voyage, il est rare que les donateurs les aient conservés ou au contraire ne pourraient imaginer se séparer de ces objets porte-bonheur, parfois substituts d’un foyer. Là encore le musée endosse le rôle du dépôt sacré, seul susceptible de garantir la pérennité infinie de ces trésors d’une vie.
Le bâton d’exil de Melkon Bedrossian
Canne en bois réalisée par Melkon Bedrossian
Source : don de Jacques Bedrossian au MNHI en 2019.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Melkon Bedrossian naît en 1906 dans les montagnes de Cilicie, territoire peuplé d’Arméniens au sein de l’Empire ottoman. Melkon Bedrossian est contraint à l’exil pour fuir le génocide perpétré à partir de 1915. Du jour au lendemain, avec sa mère et ses trois sœurs, ils doivent abandonner leur maison. À pied, ils rejoignent la Syrie, après un périple éprouvant. Les enfants sont ensuite séparés de leurs parents et mis dans un train en direction du Liban. Melkon Bedrossian et ses deux plus jeunes sœurs sont placés dans l’orphelinat. Le jeune garçon parvient à s’échapper en 1918 et à rejoindre, à pied, Damas en Syrie. En 1921, il embarque pour la Grèce. En 1923, devenu apatride et interdit de séjour en Turquie comme tous les rescapés du génocide, il décroche un contrat d’embauche en France. Son « bâton d’exil », comme il l’appelle, a porté Melkon Bedrossian dans son périple.
Le sac de couchage de Nikolaï Angelov
Sac de couchage
Source : don de Nikolaï Angelov au MNHI en 2018.
Crédits : Philippe LEBRU-MAN/MNHI/EPPPD.
Né en 1990 dans une famille rom de Bulgarie, Nikolaï Angelov rejoint la France à dix-huit ans, accompagnant son père. Ce dernier est arrivé quelque temps plus tôt, recruté par un réseau de mendicité qui l’exploite. Il entend à présent continuer à faire la manche, sous la protection de son fils. Nikolaï Angelov espère trouver en France des opportunités qui sont inaccessibles aux Roms en Bulgarie. Il passe trois ans à la rue, jusqu’au jour où, en 2012, il fait la connaissance de Thierry Heuninck qui travaille dans le quartier. Les deux hommes se lient d’amitié et Thierry Heuninck aide Nikolaï Angelov à trouver un emploi et l’héberge pendant plusieurs années. Le jeune homme décroche une mission de service civique dans une association d’aide aux populations roms, qui débouche sur une embauche à la Mairie de Paris comme médiateur social. Acheté à son arrivée en France et utilisé par Nikolaï Angelov lorsqu’il dort dans la rue entre 2009 et 2012, ce sac devient « sa maison ». Par la suite, il l’emporte avec lui partout, avant d’en faire don au musée.
La montre porte-bonheur de Mohamad Shahab Rassouli
Fragment de montre, années 2000
Source : don de Mohamad Shahab Rassouli au MNHI.
Crédits : Philippe LEBRUMAN/MNHI/EPPPD.
Mohamad Shahab Rassouli est né en Afghanistan en 1992. Son premier souvenir est celui d’un petit garçon de quatre ans traversant à pied un désert, entre l’Afghanistan et l’Iran, lorsque sa famille fuit le régime des talibans. Installée en Iran, la famille Rassouli vit dans la précarité du statut de réfugié. Mohamad Shahab Rassouli a quatorze ans lorsqu’il décide, contre l’avis de ses parents, d’entreprendre seul un long voyage vers l’Europe, fuyant la guerre et la misère. Pour lui, l’objectif est aussi celui de l’école : s’il suit les cours d’une école en Iran, il ne peut donc pas obtenir de diplôme. Il espère donc pouvoir poursuivre des études ailleurs, en Europe. Traversant la Turquie puis la Grèce et l’Italie puis la France, au cours d’un périple de près d’un an, il frôle la mort à plusieurs reprises. Arrivé à Paris, il pense d’abord partir en Angleterre, mais s’établit finalement à Boulogne-sur-Mer. Conservée comme porte-bonheur tout au long de son chemin, cette montre a été donnée par sa mère à Mohamad Shahab Rassouli à son départ d’Iran. C’est le seul souvenir qu’il conserve de sa famille. Cet objet lui sera confisqué une seule fois, ce sera lors de son arrestation par les autorités italiennes qui l’enferment dans une petite cellule sans fenêtre. De tout son périple, c’est le seul moment de doute et de peur.
Les habits de Soundirassane Nadaradjane
Valise contenant des tenues indiennes, années 1970
Source : don de Soundirassane Nadaradjane au MNHI en 2010.
Crédits : Lorenzö/MNHI/EPPPD.
Né en 1950 près du comptoir français de Karikal en Inde, Soundirassane Nadaradjane arrive en France en 1972 où il suit une formation de tourneur dans le Sud-Ouest. En 1954, dans le mouvement de l’indépendance de l’Inde, les habitants du comptoir de Karikal sont sommés de choisir la nationalité française ou de la refuser. La famille de Soundirassane Nadaradjane a choisi d’opter pour la nationalité française, ainsi ce dernier est français lorsqu’il arrive dans l’Hexagone.
Soundirassane Nadaradjane est venu en France avec cette valise de 22 kilos. Marquée de son nom, elle contient des objets religieux, utilitaires, ainsi que du linge et des tenues en coton. « Ça c’est les habits que j’ai emmenés avec moi, des vêtements à l’indienne. J’ai gardé cette valise parce que c’est avec ça j’ai commencé ma vie en France. C’est pour ça que je l’ai gardée comme souvenir, un beau souvenir. Après, j’ai gardé beaucoup de choses dans ma tête. » (Soundirassane Nadaradjane, 2010).
Les vêtements et accessoires de costume constituent numériquement une part minoritaire des objets des collections du musée national de l’histoire de l’immigration. Mais ils constituent un matériau patrimonial particulièrement pertinent, qui n’est que peu collecté et qui ils présentent d’indéniables qualités en tant qu’expôts, objets de monstration. Du point de vue de la conservation, le textile est un support fragile, qui nécessite surveillance, maîtrise du climat, restriction de la période d’exposition et un conditionnement particulier, souvent plus élaboré que les autres types d’objets. Cette fragilité explique aussi qu’il soit moins présent dans les fonds privés proposés à l’acquisition : déchirures, mites, mais aussi remploi, mettent en péril leur conservation sur le long terme dans un cadre familial.
Parce qu’ils ont été portés, ils possèdent pour le visiteur comme pour le conservateur, une plus puissante charge émotionnelle. La présence de leur propriétaire se matérialise irrépressiblement à quiconque les observe, en vitrine ou en réserve. Lorsque, dans le respect des règles de la conservation, il arrive que l’on doive toucher l’étoffe d’un habit ou que l’on frôle le métal d’un accessoire, cela ne se fait pas sans retenir un instant sa respiration avant de poser les doigts sur la matière, appréhendant l’effet de l’entrée en contact, différée mais bien réelle, avec un corps distant, dont nous avons la garde inaliénable de la mémoire.
Conversation WhatsApp. Groupe Famille V.
17/11/20.16:36 – Patrice V. : IMG_9348.JPG (file attached)
Maman, cette photo de pépé et mémé date de quand ? Et elle est prise où ?
17/11/20.16:43 – Sabine V. : Qu’ils sont beaux… je ne l’avais jamais vue
17/11/20.16:44 – Laurent V. : Et oui… Moi je la connaissais…
17/11/20.16:49 – Maman : Je ne la connaissais pas. Je vais faire des recherches car pour moi c’est une photo de fiançailles car je ne reconnais pas le lieu. Je vais regarder le livret de famille pour donner la date approximative
17/11/20.16:52 – Patrice V. : C’est moi qui l’ai dans mes papiers, j’avais dû la récupérer pour faire le diaporama de votre anniversaire de mariage. Oublié de te la rendre
17/11/20.20:27 – Maman : Alors j’ai fait mon enquête, j’ai trouvé dans le livret militaire de ton grand-père qu’il avait été réformé pour ses yeux en 1934. Il était très myope, tu sais. Sur la photo il porte ses lunettes donc c’est pas longtemps après. Ma mère est toute fine, elle n’a pas encore porté ta tante. Elle se marie avec mon père en avril 1936. Leur photo de mariage, je l’ai. Sa robe de mariée est noire. C’est la mode en ce temps-là de se marier en noir
17/11/20.20:29 – Patrice V. : Donc on doit être vers 1935. Et elle a été prise où ?
17/11/20.20:30 – Maman : à Sallaumines je pense. Ils doivent être dans la rue de mes grands-parents. J’ai pas connu cette maison, elle a été bombardée pendant la guerre.
17/11/20.20:32 – Maman : d064bb61e.JPG (file attached)
En fouillant j’ai trouvé cette photo de toute la famille.
17/11/20,20:33 – Patrice V. : Mémé porte le même chemisier.
17/11/20,20:33 – Patrice V. : Et pépé a la même chemisette et ses bretelles : ces photos sont prises le même jour. Donc c’est une photo de fiancés, vers 1935, à Sallaumines 👍
17/11/20.20:34 – Maman : j’ai bien cherché. Je suis contente de moi.
17/11/20.20:35 – Sabine V. : Beau travail 👍👍
17/11/20.20:39 – Laurent V. : Les sources sont vérifiées, tu peux publier ! 👍
Fiancés, vers 1935, Sallaumines, Pas-de-Calais, 6 x 8,5 cm
Source : Collection particulière.




























